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Critiques

Lieder de Schubert en orchestrations

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Lieder de Schubert en orchestrations
© BR Klassik 900346

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C'est une question souvent posée, mais qui n'en reste pas moins intrigante : l'orchestration des lieder de Schubert était-elle vraiment nécessaire ? Le baryton lyrique germano-britannique Benjamin Appl se pose également cette question plutôt évidente dans le livret d'accompagnement. Mais qu'elle soit nécessaire ou non (le livret ne fournit pas de réponse appropriée), la « transposition » (c'est même bien plus que cela) du piano(forte) à l'orchestre est et reste un sujet délicat car elle en découle des « incompatibilités ». En effet, le champ expressif que Schubert a placé dans la partie de piano est tellement clairement spécifique, tellement propre à son œuvre de lied et tellement intimement lié à la fois au texte du lied et à la voix du chanteur que chaque orchestration en fait du tort à l'original, à des degrés divers. Cependant, il y a quelque chose qui s'oppose à cette transition impossible du piano à l'orchestre : les couleurs orchestrales qui représentent une existence propre et qui peuvent être appréciées à l'écoute de manière tout aussi appropriée. Cela peut être une contribution élégamment développée de la clarinette, ou justement ce merveilleux cello qui murmure, ou ce pizzicato épicé de la contrebasse, mais attention : appréciée de cette façon, ce n'est rien de plus qu'un domaine sonore en soi. Ce qui est donc distinct de l'atteinte à l'original de Schubert. Chaque compositeur qui travaille dans ce domaine (ce qui va bien au-delà de la simple transcription) apporte bien sûr ses propres influences et c'est cette fusion avec l'original (la partie de la voix du chanteur reste intacte) qui donne au lied une nouvelle identité (ou profil). On peut le tourner et le retourner comme on veut, mais c'est comme cela. Pour Schubert, le (art) lied était inséparable de la partie de piano (ou, exceptionnellement, de la guitare), de l'exécution en petit comité (« Schubertiades »). Nous connaissons l'histoire de cela, les circonstances domestiques, bien loin de la salle de concert (où le lied n'a pas sa place à mon goût de toute façon). Trois danses allemandes sont réparties sur le récital de lied dans l'orchestration de Johann von Herbeck. Mettant de côté tous les objections concevables dans le contexte donné, Appl et le Münchner Rundfunkorchester sous la direction d'Oscar Jockel forment à mon sens une excellente combinaison dans ce répertoire. Appl est, contrairement à Matthias Goerne par exemple, moins sonore dans la tessiture grave ou quand il doit déployer sa grandeur, mais je ne voudrais certainement pas y voir une tache sur ce récital de lied. Un sérieux point négatif se trouve dans le livret du CD, ou justement ne s'y trouve pas : les textes des lieder brillent par leur absence. Comment une maison de disques peut-elle imaginer une telle chose ? C'est à se demander.

Détails

Qui
Benjamin Appl (bariton), Münchner Rundfunkorchester o.l.v. Oscar Jockel
Crédit photo
BR Klassik 900346
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