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Critiques

Iván Fischer et son Budapest Festival Orchestra avec Mahler 9.

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· 2 min de lecture
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Iván Fischer et son Budapest Festival Orchestra avec Mahler 9.

Qui écrit Mahler 9, écrit un sommet du répertoire symphonique, et peut-être aussi un sommet de la programmation du Concertgebouw Brugge et certainement un sommet de ce festival de trois jours "Budapest Festival Orchestra festival" au Concertgebouw. Iván Fischer y vient avec son orchestre en familier. Mais une neuvième symphonie de Gustav Mahler, on ne la joue pas chaque année. Une dixième n'a d'ailleurs jamais vraiment vu le jour. Il n'en a lui-même écrit qu'un adagio d'ouverture. Les autres parties sont restées des esquisses. Et même cette neuvième n'a eu sa première que après sa mort. Mais elle contient plus que suffisamment de surprises pour la qualifier de monument. Prenez donc cette première partie. Pas de gros calibre à l'ouverture comme d'habitude dans une œuvre symphonique. Ici le motif est présenté avec finesse et clarté par quelques instruments solistes jouant doucement, les cors et puis cette harpe….. Et quand vient le moment où une multitude de cordes fait son entrée, cela me procure toujours, pardonnez-moi l'expression, des frissons.

La deuxième partie démarre presque joyeusement : vibrante, sautillante, valtzante, bref une danse paysanne ou, plus poliment, une Ländler autrichienne. Chaque groupe d'instruments intervient en tourbillonnant pour servir le thème. Dans la troisième partie tout l'orchestre poursuit sur cet élan, tous ensemble presque déchaînés, mais cependant tenus en rang par un chef toujours sûr de lui. La finale est un adagio entraîné lourdement par les cordes. Complété par les sonorités profondes des bassons, les cors sombres et puis tous les instruments fugato, s'amplifiant puis s'estompant à nouveau, intensité et détente, jusqu'à un silence de mort, s'éteignant intimement dans les derniers coups d'archet des cordes. Véritablement une fin tragique, un adieu.

Un univers musical. « Panoramique, contradictoire, éprouvant et déroutant comme la réalité » écrit à juste titre Marc Delaere dans son texte d'introduction. Cela concerne le compositeur. Mais que dire des exécutants et du chef ? Je lis au dos du siège devant moi cette ligne de ce « poème des chaises continu » de Peter Verhelst : « ...où nous n'avons pas de mots pour cela... ». Quelque chose de plus approprié n'aurait pas pu figurer là.

QUI : Budapest Festival Orchestra sous la direction d'Iván Fischer

QUOI : Gustav Mahler, Symphonie n°9 en Ré (1909-1910)

OÙ : Concertgebouw Brugge

QUAND : 20 mai 2023

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