Under the Royal Square in Brussels lies a piece of history that few visitors to the capital know. The archaeological site of the former Coudenberg Palace preserves the remains of a residence that for centuries played an important role in the political and cultural history of the Low Countries. Here stayed, among others, the Burgundian dukes and Emperor Charles V. Archduke Albert and Isabella also left their mark on the palace, until a devastating fire in 1731 largely reduced the complex to ashes. What has survived beneath the Brussels city centre forms the backdrop for a festival that takes the historical layering of this place as its starting point.
From 22 November to 13 December, the sixth edition of the Coudenberg Sound Box Fest takes place. Under the title reConciliations: War & Peace, the festival brings together musicians and ensembles from diverse traditions around war, peace, remembrance and reconciliation. Early music stands alongside contemporary compositions, traditional sounds alongside jazz and improvisation. The underground spaces of the former palace are more than a special concert venue: their history and acoustics form part of the artistic experience.
A festival in historical context
The Coudenberg Sound Box Fest was founded in 2021 under the artistic direction of flautist and musicologist Matteo Gemolo. From the outset, the festival seeks a dialogue between the architectural heritage of the site, early music and contemporary artistic developments. The concerts are not simply placed in a historical setting; the location itself is part of the starting point for the programming.
This interplay reflects Gemolo's broader vision. As a specialist in historical performance practice and contemporary music, he aims to bring the largely forgotten musical life of Charles V's former palace back into the spotlight. Within the research and development project reCoudenberg, running from 2025 to 2031, historical research is connected to new artistic creations, co-productions and audience engagement. The past is thereby not regarded as a closed chapter that must merely be reconstructed, but as material with which artists can work today.
With reConciliations: War & Peace, this idea acquires a distinctly social dimension. European history is marked by wars, shifts of power, religious conflicts and cultural encounters. Music cannot undo that history, but it can create space to listen to it from different perspectives. The underground halls of the Coudenberg Palace form a meaningful setting for this: a place where traces of the past are tangibly present and where new sounds acquire a current significance.
From the Thirty Years' War to the twentieth century
The first two festival concerts set out from music that arose in times of political and religious unrest. On 22 November, InAlto, led by Lambert Colson with soprano Alice Foccroulle, presents the programme Onrust voor de vrede (Unrest for Peace). The music of Heinrich Schütz (1585–1672), including from his Symphoniae Sacrae of 1647, sounds alongside works by Johann Theile (1646–1724). Both composers lived in the seventeenth century, a period in which the consequences of the Thirty Years' War deeply affected European social and religious life. Their music shows how composers in that context gave expression to faith, loss and the hope for peace.
The programme takes on a very different physical dimension through the presence of AkroPercu, with Max Charue, Julien Mairesse and Thomas Delplancq. Percussion and acrobatics bring a combination of sound and movement into the underground spaces. Opposite the vocal and sacred character of InAlto stands a more bodily approach to rhythm and expression. Each of the two ensembles illuminates, in its own way, how music and movement can respond to a world that is out of balance.
A week later, on 29 November, attention shifts to voices silenced by persecution and censorship. With Verbannen stemmen, gecensureerde waarheden (Banished Voices, Censored Truths), Ensemble Matica de Flor performs music from the Sephardic tradition. That tradition carries the traces of a long history of migration, expulsion and cultural mingling. Songs and musical customs were passed on across generations and changed along the way with the communities that kept them alive.
Trio Satellite – Lia Manchón Martínez (violin), Coline Meulemans (viola) and Marc Martín Nogueroles (cello) – connects this perspective with the work of two twentieth-century composers: Gideon Klein (1919–1945) and Sofia Gubaidulina (1931–2025). Klein was deported to Theresienstadt during the Second World War and died in the Fürstengrube concentration camp. His music belongs to the work of composers whose lives and oeuvres were cut short by Nazi terror. Gubaidulina developed an idiosyncratic compositional oeuvre in the Soviet Union, in which spiritual and religious themes play an important role. Together, these works set different forms of oppression, remembrance and artistic freedom side by side.
Music at the court of Charles V
Le 6 décembre, le festival porte son regard sur la musique qui a pu résonner dans le Palais de Coudenberg lui-même. La coproduction avec Bozar porte le titre Le sacré et le profane dans le palais perdu et se déroule sur deux lieux : le site archéologique et l'église de Coudenberg. Ainsi, l'environnement historique lui-même fait également partie du programme.
ClubMédiéval, avec le ténor Jonatan Alvarado, le luthiste et joueur de vihuela Ariel Abramovich et le violiste Thomas Baeté, interprète une musique de l'époque de Charles Quint. Le programme part d'un répertoire que l'empereur et son entourage ont pu connaître. L'association du chant et des instruments à cordes historiques évoque un univers sonore qui s'accorde étroitement avec la culture musicale du XVIe siècle.
Dans l'église de Coudenberg, Dionysos Now !, sous la direction de Tore Tom Denys, fait découvrir au public la musique polyphonique de compositeurs tels que Johannes Ghiselin, Pedro Ruimonte et Thomas Crecquillon. Leurs œuvres témoignent de la richesse de la tradition vocale polyphonique, qui occupait une place importante à la cour des Habsbourg et dans la culture musicale européenne en général. Les deux concerts offrent ainsi des approches différentes de la vie musicale de la Renaissance : de la combinaison plus intime de la voix et des instruments à cordes à la polyphonie élaborée de l'ensemble vocal.
Entre l'Orient et l'Occident
La journée de clôture, le 13 décembre, transpose le thème de la rencontre et de l'échange culturels dans le présent. Dans Lignes de fracture entre l'Orient et l'Occident, le oud est au centre. Elias Bachoura part de la tradition modale du Moyen-Orient et explore les possibilités d'un dialogue avec l'harmonie classique occidentale. Le programme s'inscrit dans le prolongement de son album Biharayto et aborde la question de la manière dont les langages musicaux peuvent s'influencer mutuellement sans perdre leur caractère propre.
BeraadGeslagen recherche également délibérément les frontières entre les genres. Le duo formé par le claviériste Fulco Ottervanger et le batteur Lander Gyselinck évolue entre le jazz, l'électronique et l'improvisation. Leur musique naît de l'interaction entre deux instruments et deux personnalités musicales, avec de la place pour des tournures inattendues et une interaction spontanée. Dans le programme du festival, cela constitue un pendant contemporain et résolument affirmé à la musique historique et traditionnelle.
Place aux jeunes talents et à la recherche
Le Coudenberg Sound Box Fest ne se limite pas aux concerts. Les 17 et 18 novembre, la deuxième édition de Next/Gen a lieu, un parcours destiné aux jeunes ensembles qui se consacrent à la musique ancienne. Les participants ont l'occasion de se perfectionner grâce à des masterclasses et à un accompagnement, puis de se présenter au public. Une bourse est également attachée à ce parcours, ainsi qu'une place dans la programmation du festival de 2027. En outre, une nouvelle composition contemporaine d'Andreas Moulin est intégrée au projet. Il en résulte un lien entre la formation et le soutien aux jeunes musiciens, la pratique interprétative historique et la musique nouvelle.
Le cycle de conférences Guerre et paix, entre musique et société élargit également la perspective. En collaboration avec l'Université libre de Bruxelles et l'Institut des Hautes Études de Belgique, quatre rencontres sont organisées du 19 novembre au 10 décembre dans la chapelle des Ursulines. Les chercheurs Jessica Rosa, Cecilia Paredes, Pieter Lagrou et Emmanuelle Soupart éclairent, chacun à partir de sa propre expertise, la relation entre la musique, le conflit et la société. Les conférences replacent la programmation artistique dans un contexte historique et sociétal plus large.
Le fait que le festival ait par ailleurs adhéré à REMA, le réseau européen de la musique ancienne, souligne l'ambition d'ancrer son action également sur le plan international. Le Coudenberg Sound Box Fest entend ainsi offrir une scène non seulement à des ensembles variés, mais aussi être un lieu où la recherche, le développement artistique et la rencontre avec le public se renforcent mutuellement.
Un dialogue vivant
La force de reConciliations: War & Peace réside dans la manière dont le festival met en dialogue différentes époques et différents univers musicaux. La musique de Schütz et Theile, la tradition séfarade, la polyphonie de la Renaissance et les univers sonores contemporains d'Elias Bachoura et de BeraadGeslagen ne forment pas une ligne historique continue, mais offrent des perspectives variées sur le conflit, la mémoire et le vivre-ensemble.
Le choix du Palais de Coudenberg confère à cette rencontre une couche de signification supplémentaire. Sous la ville, parmi les vestiges d'une résidence disparue, résonne une musique qui traverse les siècles et les cultures. Ici, le passé ne reste pas enfoui sous terre : il retrouve une voix.
Pratique
Coudenberg Sound Box Fest – reConciliations: War & Peace
du 22 novembre au 13 décembre 2026
Palais de Coudenberg, Place du Roi 10, 1000 Bruxelles
Le 6 décembre également à l'église de Coudenberg.
Concerts les 22 et 29 novembre et le 13 décembre à 18h30. Le 6 décembre, il y a deux séries de concerts, commençant respectivement à 17h30 et 19h, et à 19h et 20h30.
Billets : 25 € pour les concerts des 22 et 29 novembre et du 13 décembre ; 32 € pour la coproduction avec Bozar le 6 décembre. Les jeunes de moins de 26 ans paient respectivement 15 € et 22 €. Les enfants de moins de 12 ans ont un accès gratuit.
Plus d'informations et billets : coudenberg.brussels/csbf2026 et belarts.art
Le cycle de conférences Guerre et paix, entre musique et société se déroule du 19 novembre au 10 décembre dans la chapelle des Ursulines.