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Critiques

Opus 47. avec Symfonieorkest Continuo

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· 4 min de lecture
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Opus 47. avec Symfonieorkest Continuo
© Guy Verstraete

Symfonieorkest Continuo est l'orchestre des anciens étudiants et du personnel de l'université de Gand. Il existe aux côtés du Gents Universitair Symfonieorkest (GUSO), qui est composé principalement d'étudiants.

Avec plus de dix mille employés, l'UGent n'est pas seulement le plus grand employeur de la ville, elle entretient également plusieurs ensembles, ainsi qu'une chorale et un orchestre d'harmonie. Symfonieorkest Continuo répète chaque semaine et joue deux programmes par an, avec deux concerts en janvier et deux en juin.

Opus 47

Continuo fête cette année ses dix ans. Depuis 2022, j'ai déjà écouté trois concerts et un opéra. Cela a commencé il y a dix ans avec un brainstorming, avec Klara Continuo en arrière-plan… Le chef d'orchestre Kevin Hendrickx en fait partie depuis le début. Il est chimiste, professeur à l'UGent, mais aussi chef d'orchestre professionnel.

Un concert de Continuo n'est pas seulement un plaisir à l'écoute. Il y a aussi toujours un concept, un titre et un livret de programme détaillé avec une belle mise en page. Vous n'avez pas souvent cela de nos jours, même dans les salles de concert comme De Bijloke, où vous recevez un programme succinct et vous devez vous contenter du code QR. Le concept de ces concerts d'hiver est « opus 47 ». Le concerto pour violon de Sibelius et la Cinquième de Chostakovitch ont tous deux le numéro d'opus 47. Une anecdote amusante pour relier des compositions très différentes. L'intervenant qui présente le programme dans une petite salle avant le concert n'est rien de moins que le compositeur Daan Janssens, qui joue d'ailleurs l'alto dans l'orchestre.

Lisa Jacobs

La violoniste néerlandaise Lisa Jacobs, née en 1985, a joué en soliste avec l'orchestre du Concertgebouw dès l'âge de dix-sept ans sous la direction du chef Riccardo Chailly. Elle a remporté des prix aux concours internationaux, a collaboré avec de grands chefs d'orchestre, a reçu de nombreuses critiques élogieuses et enseigne aux conservatoires de La Haye et de Gand. Il est remarquable qu'une grande figure comme Lisa Jacobs veuille trouver du temps pour deux concerts avec un orchestre non professionnel. Le concerto pour violon de Jean Sibelius est extrêmement difficile, surtout la dernière partie. Mais Jacobs joue magistralement, sans virtuosité tapageuse, elle révèle l'âme nordique de Sibelius.

Elle commence la mélodie glaciale de la première partie avec un léger vibrato, comme presque chaque soliste dans ce morceau. Une violoniste l'a une fois fait autrement, je ne l'oublierai jamais. Strident et sans vibrato, écoutez donc l'enregistrement d'Anne-Sophie Mutter avec la Staatskapelle Dresden de 1995 sur Deutsche Grammophon. La meilleure interprétation du concerto de Sibelius que j'ai jamais entendue. Ensuite, Jacobs joue encore un bis, l'Adagio de la première sonate pour violon solo de Bach. On dirait qu'elle présente ainsi sa carte de visite. Pas évident de jouer avec une telle maîtrise et sérénité ce morceau lent et polyphonique en tant que bis.

Deuxième clarinette

Symfonieorkest Continuo ne doit pas être jugé avec l'oreille d'un critique professionnel. Cela semble parfois un peu confus, les entrées et l'intonation ne sont pas toujours justes. La partie lente du concerto pour violon de Sibelius commence par une mélodie des deux clarinettes. Ici, la deuxième a surpassé la première. C'est pour une fois quelque chose de différent, me suis-je dit.

D'ailleurs, il s'agit ici en grande partie d'amateurs au vrai sens du terme. Dans les cinq concerts que j'ai déjà vécus depuis 2022, on sent chaque fois l'enthousiasme, l'engagement et aussi la direction professionnelle du chef d'orchestre Kevin Hendrickx. Je me demande pourquoi Kevin Hendrickx n'est pas devenu chef d'orchestre à temps plein. Serait-il meilleur en tant que chimiste qu'en tant que chef d'orchestre ?

Autoritaire et répressif

La Cinquième symphonie de Dmitri Chostakovitch est la sonorisation du régime soviétique autoritaire. On y entend la réalité grise des années trente, le système répressif et la peur permanente. En même temps, on entend parfois l'espoir qui retentit souvent à la fin dans un accord majeur. Lors de la première le 21 novembre 1937, le public a compris le message souterrain de la musique. À l'été 1937, la Grande Terreur avait commencé en Union soviétique. La Grande Purge de Staline a entraîné l'exécution de centaines de milliers de civils.

Aujourd'hui aussi, Continuo tient le public sous son charme, tout le monde était ému. Laissez cette symphonie de Chostakovitch retentir comme un hommage, telle était la mission d'opus 47. Un hommage à tous ceux qui vivent aujourd'hui encore sous la violence de la répression et de la terreur.

Opus 47 a été une expérience complète et rend l'auditeur conscient de l'horreur de certains régimes. Aujourd'hui encore, il y a la terreur d'État, comme en Iran. Espérons que parmi les manifestants à Téhéran, il y a aussi une étincelle d'espoir comme dans la symphonie. L'espoir d'un changement de régime, après - oui - 47 ans.

Détails

Qui
Symfonieorkest Continuo (alumni- en personeelsorkest UGent) - dirigent Kevin Hendrickx - viool Lisa Jacobs
Miryzaal, Gent
Vu le
24 janvier 2026
Crédit photo
Guy Verstraete
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