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Récital de piano Xenia Ovodova à Gand

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· 2 min de lecture
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Récital de piano Xenia Ovodova à Gand

Caché derrière le KANTL à Gand se trouve Quatre mains. Une maison où le piano est chez lui, et qui en plus de ses activités commerciales organise également des concerts.

Le concert que Xenia Ovodova y a donné vendredi 26 janvier n'était pas annoncé dans leur programme annuel, et c'était dommage. - Probablement un oubli, mais dont le public n'a pas souffert, car il a été traité en musique de manière royale.
Xenia Ovodova est une pianiste russe qui vient de la lointaine Sibérie, et après ses diplômes de Moscou, Paris et Bruxelles, s'est installée à Gand d'où elle rayonne à travers l'Europe pour ses diverses activités.
Comme pièce d'ouverture, elle a plongé dans le riche répertoire pour piano du papa Haydn pour en extraire une belle Sonate. De telles sonates sont beaucoup trop rarement jouées lors de récitals pour piano, et on se demande pourquoi ? Ce sont des œuvres riches d'inspiration, audacieuses et toujours surprenantes. Xenia Ovodova les a jouées avec la clarté simple qui convient à cette musique. Une même approche était aussi présente dans les deux Intermezzi op.117 de Johannes Brahms qu'il a lui-même décrits comme les Berceuses de ma tristesse. Les deux Préludes présentés de l'opus 23 de Rachmaninof avaient également cette teinte de nostalgie. Tant dans le Largo que dans l'Andante cantabile, la pianiste a su trouver le bon ton, et elle a chanté son humeur très russe sur le Steinway de 1892 qui était à sa disposition.
La force et le brio ont ensuite été de la partie dans l'Etude-Tableau op.39 en Ré. Œuvre appréciée avec laquelle un pianiste accompli peut toujours se surpasser et s'exprimer. Xenia a su montrer ses solides qualités musicales dans le magistral Vers la Flamme, écrit en 1914 par l'excentrique Alexander Skriabin. Aucune incertitude, uniquement une maîtrise pianistique totale. Et cette même richesse de force poétique, de subtile maîtrise et de virtuosité pianistique était agréable à découvrir dans son interprétation des Estampes de Claude Debussy : la fine sonorité de gamelan dans Pagodes, la virtuosité dans La soirée dans Grenade et l'approche fluide de Jardins sous la pluie, inspirée par l'orage sur la côte normande.
Un récital de bonheur, d'autant plus que, après le récital, la pluie au-dessus de Gand s'est finalement abstenue.


  • QUOI : récital pour piano
  • QUI : Xenia Ovodova
  • OÙ : Quatre Mains, Gand
  • QUAND : 26 janvier 2018
  • Photo : m.t.
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