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Un beau Homme n'est plus: Prince Esterházy

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· 5 min de lecture
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Un beau Homme n'est plus: Prince Esterházy

Anton II., Durchlauchtig Hochgeborener Fürst Esterházy de Galantha, Erbgraf von Forchtenstein, gefürsteter Graf von Edelstetten, erblicher Obergespan von Ödenburg, ainsi sonnait le nom complet de ce prince Esterházy intègre, sympathique, toujours bienveillant et de bon cœur, amateur et connaisseur de tous les beaux-arts.

Après une longue maladie, il s'est éteint dignement à l'âge de 89 ans. Il a consacré sa vie à chérir les traditions familiales et à préserver la spiritualité du patrimoine culturel hongrois, en particulier le château Esterházy à Fertöd. Ce prince était, en ligne directe, un descendant des Esterházy qui furent les mécènes de grands artistes de génie tels que Haydn, Mozart, Beethoven et autres. C'est par la musique de Haydn qu'il s'est rendu pendant des années à Malines pour assister à de nombreux concerts organisés par l'association autrichienne Servus et la Société Haydn qui en est issue. Nous pouvons dire avec fierté, avec Klassiek Centraal, qu'il était un fan de notre magazine qu'il aimait lire. Ce prince aristocratique hongrois/autrichien/allemand était un polyglotte qui parlait le néerlandais couramment. Il adorait la Flandre qu'il a appris à mieux connaître en tant qu'étudiant dans les années soixante, lorsqu'il étudiait la philosophie et l'ingénierie à la section francophone de la Katholieke Universiteit van Leuven, à l'époque encore bilingue. Il a vécu les énormes tensions de Leuven Vlaams. Il aimait s'asseoir avec des étudiants flamands au Het Kleine Tafeltje Rond, autrefois l'un des nombreux cafés étudiants animés de Louvain, aujourd'hui un établissement branché pour les touristes. Quand je lui ai demandé où il avait appris un néerlandais aussi beau, il m'a répondu comme suit : « Au Kleine Tafeltje Rond quand on prenait des bières avec ces étudiants flamands. Ils étaient beaucoup plus 'sympathiques' que ces Wallons, hahahaaa ». Voilà, nous le savions donc. Il devint, après la mort prématurée de son père, de facto chef de famille à l'âge de 11 ans, bien que son oncle en portât le titre jusqu'à sa mort. À 19 ans, il s'est retrouvé dans notre pays. Plus tard, il entra dans le monde des affaires et, après la chute du Mur et des dictatures communistes, dont la Hongrie, il s'engagea notamment pour la réhabilitation et la restauration du palais de Fertöd, gravement endommagé par les suites de la Seconde Guerre mondiale. Le palais où Haydn composa sa symphonie d'adieu. L'État hongrois, devenu propriétaire du palais après la Seconde Guerre mondiale après sa confiscation initiale, mit à disposition au palais où le prince avait grandi et où il fit inhumer son père en 2019, un appartement où le prince et sa famille pouvaient habiter. C'est curieux en réalité, ta propriété qui n'est plus ta propriété en raison des calamités de la guerre et des choix politiques, où tu es autorisé à retourner vivre des décennies après ton expulsion, en écoutant sagement et sous le regard vigilant de l'État. Haydn, c'est une évidence. Quel compositeur d'autre que Joseph Haydn ne peut pas être dissocié de la famille princière Esterházy plus que quiconque ? L'ami autrichien mechllinois Alfons Deleus, accompagné de sa femme Marie-Jeanne Lambrechts, voulaient célébrer l'anniversaire de leur association en grand style. Ce devait être quelque chose avec la musique classique, pas exactement la musique pour laquelle ils tombaient tous deux amoureux, mais bon, pour faire court, ce furent des concerts à Malines avec la musique de Haydn. Et cela plut beaucoup plus que prévu. De là est née la biennale Haydn et plus tard la Société Haydn qui organise chaque année en octobre/novembre la série de concerts réussie Amazing Haydn. Ils perdent avec le décès du Prince Anton II Esterházy de Galantha leur président d'honneur, mais surtout leur mentor et pilier de soutien moral. D'une chose venait l'autre et le talent d'organisation d'Alfons Deleus, qui savait que pour les grandes fêtes il ne fallait pas faire l'impasse sur les ambassadeurs, les maires et les ministres de pays comme l'Autriche, l'amena jusqu'au prince inaccessible. L'homme et sa (future) deuxième épouse devinrent de vrais amis. Et c'est ainsi que nous l'avons aussi connu avec Klassiek Centraal et il faut dire qu'il appréciait beaucoup notre travail. Il voulait absolument être présent à une Remise des Étiquettes d'Or où il remit notamment au danseur de ballet Alain Honorez l'Étiquette d'Or Carrière (juin 2012). Quelques fois, j'ai été l'invité du magnifique palais à Fertöd (Hongrie) et une fois même comme invité d'honneur à un concert au palais où seules des personnes possédant plus de capital étaient présentes à une collecte de fonds pour pouvoir reconstruire l'ancien opéra du palais. Comme tous ces gens regardaient avec des yeux écarquillés pendant l'entracte : qui était donc cet homme vêtu sans respecter le protocole qui était assis là, avec le prince, en train de boire un jus de pomme à une petite table et parlait une langue qu'ils ne comprenaient pas, une langue que leur prince semblait aussi bien parler ?

Avec le prince Esterházy, son épouse, sa famille, son palais, ses collaborateurs, sa Hongrie et son Autriche, mais aussi Malines, la Société Haydn et Klassiek Centraal perdent un homme formidable. Il laisse derrière lui d'innombrables beaux souvenirs fins et chaleureux. Adieu. Lebe wohl lieber Fürst und bitte, grüsst Joseph Haydn von uns!

Détails

Qui
Anton II., vorst Esterházy de Galantha
Paleis Esterházy, Fertöd, Hogarije
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