Chaque année, le MA Festival redevient un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique ancienne. Ce qui a commencé comme une découverte personnelle s'est transformé en une tradition musicale durable riche en moments mémorables.
C'était vers la fin du siècle dernier que je me suis rendu pour la première fois à Musica Antiqua Bruges avec mes parents, alors que j'étais jeune. Je me souviens encore très bien des trombones tonitruants du Gabrieli Consort, lors d'une reconstruction d'une messe pour le Doge de Venise. Depuis ce concert, j'ai été conquis pendant des années. Le pèlerinage annuel à Bruges m'a régulièrement offert des moments musicaux inoubliables.
Et maintenant, plus de trente ans plus tard, le MA Festival tient toujours bon. Bien que tout soit devenu un peu plus moderne, pensez par exemple au site web, l'esprit de la musique ancienne reste solidement préservé, avec de temps en temps une excursion vers un répertoire plus classique. Eh bien, on n'avance que si on ne s'arrête pas, n'est-ce pas ?
Le festival commence vendredi 31 juillet avec deux événements. C'est d'ailleurs généralement le rythme agréable : deux concerts par jour, parfois trois. Idéal pour passer une journée complète dans cette belle ville. Le premier jour, vous pouvez profiter d'un concert de carillon : une ouverture plus digne, portée par ce clocher imposant, est presque impensable. Ceux qui préfèrent explorer Mozart peuvent assister aux conférences de la Davidsfonds. Et pour ceux qui veulent d'emblée se plonger dans les sonorités baroques, l'excellent ensemble Pomo d'Oro est prêt.
Particulier cette soirée-là est aussi la nouvelle composition Plus jeune que Jésus de Siebe Thijs, l'un des jeunes compositeurs sélectionnés de l'Académie des Compositeurs SOV 2024-2025. Peu de choses ont été écrites sur cette œuvre, il est donc tout à fait possible que nous y revenions plus en profondeur dans un article ultérieur.
Les concerts en soirée suivants sont également remplis de noms qui sonnent comme une cloche. Jiaxin Min ressuscite Couperin et Byrd de manière surprenante au piano. Le sublime Vox Luminis propose un programme de motets de Bach — pur plaisir d'écoute garanti. Il y a aussi un moment de recueillement avec une création mondiale dans laquelle la poétesse Peter Verhelst et le luthiste Jurgen De Bruyn dialoguent ensemble.
Un autre programme particulier est J'ai été de son espèce, autour de la voix de la femme rejetée, portée par l'ensemble Post-scriptum et soprano Elisabeth Hetherington. La soirée suivante, c'est au tour de InAlto avec Memoriamor, un programme avec de la musique notamment de Crécquillon, où la question centrale est de savoir comment on peut commémorer un amour perdu. Enfin, il y a le concert en soirée de clôture où Le Consort selon le programme « vous « vous coupe le souffle » avec de la musique de Vivaldi.
Bien entendu, ce n'est loin d'être tout. Le festival offre aussi de nombreux concerts du matin et de l'après-midi avec notamment The BanXhies, harpiste Kibiłdis, Pseudonyme, Thomas Langlois, Phaedrus, Cairn Consort et claveciniste Jean Rondeau. Ce dernier siège d'ailleurs dans le jury de la (demi-) finale du concours de clavecin, sur lequel vous pouviez ailleurs sur ce site en lire davantage.
Enfin, le programme serait incomplet sans mentionner les conférences, le théâtre musical pour enfants et du Vélobaroque - sortie à vélo.
Cette année, pas de trompettes éclatantes de Gabrieli rien que pour moi, mais amplement de raisons de revenir passer quelques jours musicalement enrichissants à Bruges. Dépêchez-vous de vos billets vous procurer!





