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Jeu de piano Be-Kleeven-d

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· 4 min de lecture
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Jeu de piano Be-Kleeven-d

« L'élève surpasse le maître » est un dicton qui, dans le cas de l'élève Steven Kleeven, pourrait bien se réaliser, ou dirais-je plutôt se réalisera bientôt. Peu de pianistes de 14 ans reçoivent d'un soliste de plus haut niveau l'occasion de suivre ses cours ET de plus encore, de concertiser avec lui. Jean-Claude Vanden Eynden est ce maître…

Vous devez absolument aller à au moins un concert à la D'Ieteren Gallery, quand l'occasion se présente. C'est le musée privé de D'Ieteren, l'importateur du groupe Volkswagen, Audi, Porsche et plusieurs autres marques automobiles. Au deuxième étage du siège social se trouve un magnifique musée automobile avec aussi quelques carrosses. Au centre du musée se trouve une salle semi-ouverte construite où des concerts de musique de chambre sont régulièrement donnés.

Tandis qu'à Flagey les Klara's étaient remis (voir le compte rendu de Roger Creyf), celui qui signe écoutait un possible futur gagnant d'une Klara. Ce qui frappait à côté des nombreuses voitures parfaitement restaurées, c'était surtout l'acoustique qui est plutôt bonne. On ne s'y attendrait pas dans une telle salle : plafond assez bas, espace semi-ouvert. Les parois en bois qui ont été installées maintiennent la musique à portée d'écoute et rien ne se perd malgré un son un peu court et légèrement sec.

Steven Kleeven, dont nous nous souvenons de son beau jeu d'ensemble avec Roeland Hendrickx à la Remise des Golden Labels 2018 à Geel, concertisait avec le lauréat Jean-Claude Vanden Eynden.

La résignation de l'âge, l'enthousiasme juvénile

J'ai complètement raté le premier morceau du concert : embouteillages et problèmes de stationnement dus à un sommet européen. C'est comme ça. Jean-Claude Vanden Eynden jouait la quatrième ballade opus 52 de Frédéric Chopin (1810-1849). Son jeu pianistique est impeccable, maîtrisé, sonore bien que les pianissimo et un tempo plus lent dominent. Une grande partie a l'air prudente et réfléchie, les puissants passages virtuoses tonnent dans la salle en plein fortissimo.

De Franz Liszt (1811-1886), Steven Kleeven jouait la deuxième ballade S 171. Alors que le « vieux maître » musique de manière plus contenue et repliée sur lui-même, le jeune ado impressionne le public. Bien que ce ne soit pas seulement beaucoup d'énergie dans cette ballade. Steven sait créer des finesses nuancées dans son jeu pianistique universel qui provoque même de l'émotion. C'est précisément ce que Liszt voulait avec cette œuvre.

Après l'entracte, qui dure un peu plus longtemps sans doute pour permettre aux gens d'admirer les nombreuses voitures du musée où se trouve un carrosse semblable à celui dans lequel Franz Schubert (1797-1828) a peut-être voyagé lui-même, nous écoutons sa Fantaisie pour 4 mains au piano, D 940. Voyez, rien que le geste de Jean-Claude Vanden Eynden d'amener ce garçon sur la scène et d'en faire un jeu à quatre mains avec lui, mérite tous les éloges. C'est extraordinairement difficile pour tant de jeunes gens de montrer leur talent au public, trop de gens n'ont pas la chance de percer. Si on reçoit alors une telle poussée, c'est alors un grand mérite pour celui qui donne cette chance.

Comme un duo fidèle, longuement rodé ensemble, les deux interprètent cette fantaisie bien connue. La partie soprano est confiée à Steven Kleeven et il la joue de manière chantante, avec des ornementations très soignées. C'est toujours un plaisir d'écouter cette œuvre, aussi « usée » soit-elle. Le jeune talent termine la soirée de concert avec le deuxième scherzo opus 31 de Chopin. Encore une belle prestation qui peut rivaliser avec beaucoup de pianistes professionnels, bien qu'on entende que le garçon se fatigue un peu. Le programme qu'il a joué n'est pas de tout repos. Ce qui nous a frappé tout au long, c'est que cet ado a fait un énorme progrès depuis sa prestation à la Remise des Golden Labels de Klassiek Centraal. Il est clairement entre de bonnes mains auprès de sa professeure Marijke Oers.


  • QUOI : récital de piano musique romantique
  • QUI : Steven Kleeven et Jean-Claude Vanden Eynden
  • OÙ & QUAND : D'Ieteren Gallery, Bruxelles, vendredi 22 mars 2019
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