Nouvel album de Jeroen Malaise – concert de lancement 23 mai 2026 MoMu Antwerpen
Nomad – c'est le nom du Grand Café à la Singel à Antwerpen. Compositeur maintes fois récompensé, « archéologue musical » autoproclamé et professeur au conservatoire, Jeroen Malaise s'y sent chez lui. Ce nom symbolise en quelque sorte sa vie musicale, l'avoue-t-il. Dans son œuvre, la tradition et les formes d'improvisation jouent un rôle important. Il a déjà été invité au Wiener Konzerthaus, au Royal Opera House London, au Cage Festival Amsterdam, au Romaeuropa Festival, au National Arts Centre à Ottawa, aux Coups de Théâtre Montréal et au Beijing Music Festival. En outre, il siège au groupe de pilotage Metric et est ambassadeur du Pleyel 1884 au Vleeshuis à Antwerpen. Son nouvel album vient de sortir : « West Bank Echoes – A Journey Through Palestine ».
Comment quelqu'un se retrouve-t-il en Cisjordanie ?
Via un projet pour le Conservatorium en Italie, j'ai atterri en Tunisie. Là, on m'a demandé : seriez-vous intéressé par une visite à une école de musique palestinienne ? Curieux comme je le suis, j'ai immédiatement accepté. Ce fut une expérience très particulière. Âcre et belle à la fois. Un endroit où pèse tant d'histoire : c'est vraiment quelque chose de très spécial. Tu le ressens aussi. C'est dans l'air. (Consultez aussi le magnifique livre de Michael Church « The other classical music traditions ».) Et le fait que la culture palestinienne ait été complètement écrasée, cela m'a fasciné.
Je voulais y apporter quelque chose de beau -, quelque chose de beauté et j'ai demandé à mon label de disques Etcetera si je pouvais consacrer un chapitre à cela sur mon nouvel album. Etcetera était enthousiaste et voulait même un album complet autour de ce thème.
C'est pourquoi je suis retourné l'année dernière en Cisjordanie. Il y a certes des conflits, mais ce n'est pas une zone de guerre. Ramallah et environs sont des endroits relativement sûrs parce que beaucoup de touristes y circulent. La musique est mon langage. L'accent de cet album est mis sur la Cisjordanie, pas sur Gaza.
Je suis depuis longtemps fasciné par la langue arabe et l'écriture arabe. J'ai même suivi trois ans de cours du soir pour m'y initier un peu. Sur la photo de la couverture de l'album, je me tiens dans une oliveraie avec des tissus blancs élégants qui évoquent la calligraphie arabe. C'était une idée de Samar Hazboun, la photographe qui, avec Koen Broos, a pris les photos. Ils font partie intégrante de ce projet, qui s'inscrit dans le projet de recherche Fantasia du Conservatorium Antwerpen. Le titre figure d'ailleurs aussi en arabe sur la couverture de l'album – cela ne pouvait pas être autrement.
Que représente ce projet Fantasia ?
Aux dix-septième et dix-huitième siècles, il y avait ces Grand Tours : les compositeurs faisaient un grand voyage pour découvrir de nouvelles impressions et s'en inspirer. Pensez aux Pélérinages de Franz Liszt ou aux Waldszenen de Robert Schumann. Cette tradition s'est un peu perdue. Pour moi, la visite en Cisjordanie était une sorte de Grand Tour. En voyageant, on découvre beaucoup, et ici, c'était la même chose. (Pour être honnête, je trouve un peu étrange que ces différences culturelles entre l'Est et l'Ouest soient séparées de façon si artificielle.)
Sur mes albums précédents, tout tournait autour des Préludes. Maintenant, c'est Fantasia, avec de plus grandes pièces d'improvisation. Souvent interactif. Je vois ma propre musique comme une grande Fantasia.
Je ne joue jamais les numéros de mon nouvel album « West Bank Echoes » de la même façon. Comme au dix-neuvième siècle : la partition était certes un produit fini, mais en réalité, ils jouaient souvent quelque chose de différent ! La musique n'est pas une œuvre d'art figée. La musique est en perpétuel mouvement. Tu apportes ta propre expertise, tu la traites et ainsi tu crées ton propre langage musical. Je n'ai rien à faire de la répétition automatique du répertoire. Donnez-moi plutôt une image plus dynamique : un paysage où tu développes pour toi-même un profil artistique et actuel.
--Pour moi, c'est la norme : si tu apprends à jouer d'un instrument de musique, tu apprends aussi à improviser. Au vingtième siècle, cela ne s'est généralement pas produit dans la musique classique ouest-européenne. Dans tous les autres siècles : oui : jouer et créer comme un duo inextricablement lié. Regardez Ludwig van Beethoven. Regardez Franz Liszt.
D'où vient le titre de ton album : « West Bank Echoes, A Journey Through Palestine » ?

« Echoes » parce que ce n'est pas littéralement de la musique arabe. Les rythmes de là-bas sont restés d'une certaine façon dans ma tête. J'utilise ces rythmes dans ma propre musique, même si je ne les ai peut-être pas toujours bien compris. Les Arabes ne disent jamais : c'est faux. Ils remarqueront à plusieurs reprises : intéressant !
C'était à plusieurs égards un voyage : d'Al-Bariyeh, la nature sauvage désertique entre Bethléem et la Mer Morte, où tu rencontres régulièrement des Bédouins. Où se trouvent ça et là aussi des monastères chrétiens dispersés. Jusqu'à des instruments spécifiques comme le qanun, l'âme sœur du piano – ou encore le oud, famille de notre guitare. Sur ce voyage, j'ai aussi ramené les rythmes de là-bas, pensez au malfouf, un beat essentiel de la musique arabe… ce rythme est très populaire au Moyen-Orient. Et les poètes aussi peuvent voyager. Le premier numéro, par exemple, s'inspire d'un poème de Mahmoud Darwish, qui comparait la Palestine à un magnifique joyau. Et c'est ce que j'ai ressenti aussi !
Maintenant, je suis un peu confus. La musique de ton nouvel album est-elle alors traditionnelle ou contemporaine ?
Qu'est-ce que cela signifie : contemporain ? On a déjà imaginé beaucoup de définitions différentes pour cela.
Si tu regardes d'autres traditions, tu vois que cette distinction entre « contemporain » ou non y joue beaucoup moins.
Pour moi, contemporain signifie : que tu puisses vraiment faire ce que tu veux.
En Europe de l'Ouest, nous nous sommes un peu enlisés dans cette discussion. Un échange constant avec une pensée hiérarchique et cloisonnée, au lieu de simplement mettre tout côte à côte.
Ton nouvel album est lancé de manière festive le 23 mai avec un concert au MoMu Anvers. Mais d'abord tu vas en mai au Jasmine Music Festival en Palestine ?
Oui, je veux aussi traduire ce dialogue avec l'Orient dans mes concerts. Le 23 mai, il y a un concert au Musée de la Mode à Anvers, avec le trio d'un joueur de oud palestinien qui vit aux Pays-Bas.
Le Jasmine Music Festival se déroule à Jérusalem, Bethléem et Ramallah. C'est un long festival : un musicien donne à chaque fois un concert sur les trois podiums. Après deux semaines, c'est au tour du musicien suivant qui visite également les trois podiums.
Avec le Conservatoire National de Musique Edward Said, j'ai déjà visité ces trois salles. Ce sont de magnifiques salles, avec de beaux pianos à queue. Ces instruments sont souvent des dons. Les Palestiniens sont extrêmement forts en collecte de fonds. Je pense que cela a beaucoup à voir avec leur instinct de survie.
Ce que je fais avec ma musique, ils ne le trouvent pas du tout bizarre là-bas. Ici, au Conservatoire d'Anvers, tu as la section de musique classique et la section de jazz. Au Moyen-Orient, les conservatoires font la distinction entre la musique classique occidentale et la musique « orientale » – c'est-à-dire : la musique classique arabe.
Et maintenant ?
Ha, la sortie de ce cd signifie beaucoup pour moi.
En ce moment, je suis sans inspiration, je suis complètement vidé.
Où le vent m'emportera…
Tout va bien aller, Jeroen Malaise. Mes sincères félicitations et merci pour ton histoire !
'West Bank Echoes, A Journey Through Palestine' est sorti chez Etcetera Records.
Concert de lancement le 23 mai 2026 au MoMu Anvers
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www.facebook.com/asifsherazi[/caption]