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Une énergie apothéotique lors du concert de clôture de la 17e édition du Festival Courants d'Airs

L
· 5 min de lecture
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Une énergie apothéotique lors du concert de clôture de la 17e édition du Festival Courants d'Airs
"Quelqu'un de Klassiek Centraal peut-il venir ?", c'est la question prudente qu'a posée le talentueux chef d'orchestre Gabriel Hollander. "Une œuvre en créant un opéra est créée en première mondiale d'un jeune étudiant en composition et le concert est joué par le nouvel Orchestre Etesiane fraîchement créé. C'est un orchestre d'étudiants de presque tous les conservatoires de notre pays." On ne peut pas dire non à cela. Il faut donner une chance à quelque chose de nouveau et aller l'écouter une fois, ce n'est pas trop demander. Dimanche 23 avril, nous étions aux meilleures places de la salle de concert, espérons-le bientôt restaurée, du Conservatoire royal de Bruxelles. Beaucoup de monde de tous les âges a répondu à l'appel des jeunes poulains qui feraient de leur mieux lors du concert de débuts du nouvel Orchestre Etesiane créé, une initiative du chef d'orchestre Gabriel Hollander. Un jeune acteur ouvre la soirée, téléphone portable à la main, bavardant. Tout le monde sait tout de suite : éteindre le portable ! L'acteur en fait quelque chose d'amusant et "reproche" aux parents présents l'éducation de leurs enfants. "Vous voyez ce qu'il en a résulté hein, maintenant les voilà sur un podium !" Beaucoup de rires dans la salle, mes oreilles sifflent, j'ai presque attrapé une teinte car juste derrière moi s'assoit une jeune dame très enthousiaste qui crie vers ce bel acteur de scène : "Alexandreeeeee". Message compris.

Enfin une mélodie

Le grand orchestre – l'Orchestre Etesiane est un orchestre symphonique complet – ouvre avec la création mondiale de « Mosaïque » de l'étudiant en composition José Lebreuilly. Immédiatement un nom à noter car si vous cherchez un compositeur avec du talent pour une belle commande, vous êtes à la bonne adresse chez lui. Un jeune homme modeste qui sait ce qu'est la musique, qui sait ce qu'est un orchestre. Quel soulagement ! C'est ce que j'aimerais vraiment appeler du « classique contemporain », au sens de ce que « classique » représente : quelque chose de tous les temps, durable parce que c'est si beau. Lebreuilly régale l'auditeur de tonalité, avec respect pour la musique, les couleurs orchestrales des différents instruments, l'harmonie, la mélodie, l'émotion. Oui, une belle mosaïque, c'est certain ! Pour une fois, vous n'obtenez pas une série de points d'interrogation et vous n'êtes pas amené à vous demander « qu'est-ce que le compositeur voudrait vraiment ? », non, vous obtenez un exemple symphonique de ce qui peut heureusement revenir aujourd'hui. De plus en plus de compositeurs recourent à la tonalité et l'harmonie, à des lignes qui ont du sens. C'est plein d'espoir. Le compositeur écrit à propos de son œuvre ce qui suit :

"Dans cette pièce, créée spécifiquement en tant que préambule pour la 6ème symphonie de Tchaïkovski, j'ai voulu écrire quelque chose qui rappelle la diversité d'atmosphères caractérisant les multiples mouvements d'une œuvre symphonique plus longue. Ce travail, organisé comme une confection de courtes vignettes, a été une occasion de jouer sur les contrastes, les effets de perspectives, et de rassembler différents langages et époques musicales."

("In dit stuk, speciaal gemaakt als preambule voor Tsjaikovski's 6e symfonie, wilde ik iets schrijven dat herinnert aan de diversiteit aan stemmingen die kenmerkend zijn voor de meerdere delen van een langer symfonisch werk. Dit werk, georganiseerd als een confectie van korte vignetten, was een gelegenheid om te spelen met contrasten, de effecten van perspectieven en om verschillende talen en muzikale periodes samen te brengen.")

Nous aimerions vous faire savoir qu'il s'agissait d'une commande de composition où le compositeur avait toute liberté sauf sur un élément : il devait créer un lien d'une manière ou d'une autre vers la sixième symphonie de Tchaikovsky, ce qu'il a réussi à 100 % à mon avis.

Un public presque trop enthousiaste…

Un public peut-il être trop enthousiaste ? Non, ce n'était pas le cas ici, mais c'était en tout cas plus que touché par la forte exécution de la Pathétique de Tchaikovsky, sa sixième et dernière symphonie. Le Russe ne l'aimait pas lui-même, une œuvre à oublier. Il a échoué. Ce n'est pas oublié. Le public la trouve toujours bien plus qu'une « rien ». Cette œuvre ne pourrait-elle pas contribuer à obtenir la paix à quelques milliers de kilomètres à l'est de notre petit pays ? Même si la quatrième partie est une sorte d'anticlimax de la majestueuse troisième partie, c'est trop beau et peut servir d'échantillon pour la culture russe qui – heureusement – n'est pas aussi barbare que cela ne semble parfois être le cas. Il serait peut-être même bon de programmer davantage de musique russe pour ouvrir les yeux des parties belligérantes et surtout de ceux qui les dirigent, des deux côtés. Ah oui… Le chef avait fermement maîtrisé le jeune orchestre et cela s'est avéré notamment par les applaudissements complets arrivés deux fois trop tôt après la première et la troisième partie. Cela s'est encore montré à la fin : un bis devait absolument se produire et le public l'a obtenu avec une répétition de la finale de la troisième partie de cette symphonie. Vous m'avez compris, chers lecteurs, c'était un plaisir pour moi de me rendre à la salle dimanche soir sous la pluie et d'écrire cet éloge plein de satisfaction. Car c'est à la louange que tous ceux qui ont rendu cette soirée possible ont droit. QUOI : 6e symphonie de Tchaikovsky - créations mondiale de Mosaïque de José Lebreuilly, composée spécialement pour cette occasion ORCHESTRE : Orchestre Etesiane sous la direction de Gabriel Hollander QUAND : dimanche 23 avril 2023 : Grande salle du Conservatoire royal de Bruxelles PHOTOS : © BRG
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