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Critiques

Oiseaux tristes

A
· 2 min de lecture
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Oiseaux tristes

Je ne suis pas toujours entièrement satisfait des réalisations créatives du compositeur et pianiste Fazil Say (Ankara, 1970). Et bien que le fait qu'il ait été poursuivi en 2012 par un procureur turc après avoir publiquement affirmé être un « athée fier » et s'être également moqué des rituels islamiques ait largement défrayé la chronique, cela n'a guère ou pas de pertinence pour l'amateur de musique.

Le dernier album de sa main, qui a reçu le titre approprié Oiseaux tristes (d'après la deuxième partie du même nom des Miroirs de Ravel), m'a fait une certaine impression. Au fil de ce récital, j'ai eu fortement le sentiment que Say se sentait véritablement profondément lié à cette musique et que son interprétation imaginative ne laissait place à aucune excentricité ni à d'autres « manœuvres distrayantes ». La musique dans sa forme la plus pure, c'était clairement son intention. Cela m'amène directement à ma seule critique substantielle : cette pureté est considérablement minée par les gémissements gênants de Say. L'enregistrement strictement clair ne laisse aucun détail dans l'ombre à cet égard non plus, et plus l'équipement de restitution est bon, plus c'est distrayant.

À propos de cet enregistrement : il n'y a rien à redire sur la restitution de la sonorité et des timbres de ce piano de concert, mais j'aurais préféré percevoir plus d'espace (acoustique) autour de l'instrument. Comme si les microphones avaient été placés un peu trop près. Ce qui explique également les gémissements clairement audibles du pianiste (sur des écouteurs électrostatiques, c'est même tellement gênant que j'y ai vite renoncé).

Pour les puristes, ce récital sera sans doute difficile à avaler, car celui qui aime le clavecin dans la musique de François Couperin (en l'occurrence Livre IV, Ordre XXI, en mi mineur) ne sera pas seulement confronté à une sonorité de piano (robuste), mais aussi aux adaptations que Say a jugé nécessaires pour cela.

C'est du répertoire français du début à la fin et Say s'y révèle comme un interprète de grand format : ce sont sans aucun doute des interprétations qui ne le cèdent en rien à celles des grands maîtres de ce répertoire, du passé (lointain) comme du présent. C'est d'autant plus dommage à cause de ces gémissements…

Détails

Qui
Fazil Say (1970)
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