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Critiques

Londinium à Anvers – Un festin joyeux pour les oreilles et l'âme

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· 9 min de lecture
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Londinium à Anvers – Un festin joyeux pour les oreilles et l'âme

Le dimanche 6 juillet après-midi, un événement particulier a eu lieu dans l'impressionnante Sint-Jacobskerk à Antwerpen : le chœur de chambre britannique Chœur de chamber Londinium a présenté un programme qui mettait en lumière la riche variété de la littérature chorale anglaise, allant de la polyphonie raffinée de la Renaissance aux sonorités ardentes des compositeurs contemporains. Le concert offrait un aperçu brillant de la tradition chorale anglaise du 15e siècle à nos jours.

Ce qui a particulièrement frappé, c'est la transition sans effort entre les différents styles musicaux : qu'il s'agisse d'un madrigal de la Renaissance ou d'une pièce contemporaine de 2024, tout a été exécuté avec une précision inégalée. Il n'est donc pas exagéré de considérer Londinium comme l'un des meilleurs chœurs amateurs que j'aie jamais entendu.

Un pèlerinage musical vers l'âme

La Sint-Jacobskerk, traditionnellement une halte pour les pèlerins se rendant à Santiago de Compostela, formait l'après-midi le décor d'un pèlerinage musical qui nous menait par les recoins les plus émouvants de l'âme. Bien que le voyage ne fût pas physique, la musique nous menait par des chemins connus et surprenants, nous permettant de nous redécouvrir nous-mêmes.

Une organisation exemplaire et des présentations

Compliments pour l'excellente organisation de l'événement, qui proposait non seulement les textes dans leur langue originale mais aussi en néerlandais. De plus, les présentations du chef de chœur Andrew Griffiths – avec son ironie typiquement anglaise – ont beaucoup plu. Elles ont permis au public de s'immerger davantage dans la musique et de jouir de ce qui suivait avec une compréhension encore plus profonde.

Ouverture : un chef-d'œuvre de la Renaissance

Le concert a débuté avec un bijou de la Renaissance anglaise : Hosanna to the Son of David de Orlando Gibbons (1583-1625). Le chœur a donné à la pièce une atmosphère festive, presque joyeuse, sans perdre de vue le calme qu'évoquent les paroles « Peace in heaven ». Le chœur a réussi à trouver un équilibre délicat entre la sérénité religieuse et l'intensité musicale. Le ton était donné et c'était clair pour tous : cet après-midi serait quelque chose de particulier.

Le dramatisme de la nature anglaise

Suivit ensuite The Hills de John Ireland (1879-1962), une œuvre qui évoque le dramatisme du paysage anglais avec des harmonies profondes et une palette sonore riche. Écrite à l'origine comme un cadeau pour le couronnement de la Reine Elizabeth II, le chœur a interprété cette œuvre avec un dévouement qui restituait parfaitement la beauté des collines anglaises. Tout à fait à propos du thème, le Psaume 121 I Will Lift Up Mine Eyes de Kerensa Briggs (°1991) a été ensuite exécuté, une œuvre de 2022 où les prières résonnaient avec une énergie ardente et une puissance ascendante.

Compositeurs de l'époque d'Elizabeth I

Après ces œuvres modernes, le chœur plongea dans le passé, avec deux compositeurs de l'époque d'Elizabeth I. This Sweet and Merry Month of May du compositeur préféré d'Elizabeth, William Byrd (ca. 1540-1623) fit s'épanouir la vivacité d'un rêve printanier. Suivit As Vesta Was From Latmos Hill Descending de Thomas Weelkes (1576-1623), une composition tirée de la collection « The Triumphs of Oriana ». Cette œuvre, qui honorait personnellement la reine – Oriana était d'ailleurs son surnom favori – respirait la gloire de la Renaissance anglaise et a été exécutée avec un charme espiègle, où le mot « hasted » a été parfaitement mis en musique.

Transition subtile vers les 20e et 21e siècles

Le programme prit ensuite un virage subtil vers le 21e siècle. He Wishes for the Cloths of Heaven de Howard Skempton (°1947) était un exemple impressionnant de la musique chorale anglaise contemporaine. L'œuvre tisse un monde sonore délicat, imprégné d'intimité émotionnelle, tandis que l'exécution profonde a permis au chœur de faire briller les couches plus profondes du texte de W.B. Yeats.

Monde onirique et Renaissance précoce

Nous avons ensuite été plongés dans l'atmosphère onirique de Lief, begheeft mij niet de Pierre de la Rue (ca. 1452-1518), une œuvre de la Renaissance précoce. Cette œuvre de la Rue, compositeur à la cour de Malines de Marguerite d'Autriche, a été chantée par le chœur en moyen néerlandais, avec les harmonies exécutées avec une précision absolue. La peine et la joie de l'amour ont magnifiquement émergé. Puisque le chœur s'était produit la veille à Malines, c'était un bel hommage à un compositeur extraordinaire de notre région.

Héroïsme et désir

Le dramatique O Wild West Wind d'Edward Elgar (1857-1934) formait une nouvelle profondeur du programme, où chaque note était imprégnée d'héroïsme et de désir. Le morceau a reçu une interprétation impressionnante qui a touché l'âme.

Sons contemporains et la magie des abeilles

Le concert a atteint un nouveau point culminant avec Here Hum the Bees de Cecilia McDowall (°1951). Cette œuvre fascinante a porté le bourdonnement des abeilles à la vie, vous permettant presque de vivre leurs occupations affairées. Après ce morceau, vous ne regarderez jamais plus les abeilles de la même manière. C'était une musique qui mettait l'ordinaire en lumière d'une manière surprenante et représentait de façon frappante la puissance de la coopération – à la fois celle des abeilles et celle du chœur. Le chœur a prouvé une fois de plus sa force, mais peut-être le meilleur vin a-t-il été réservé à la fin du banquet ?

Un adieu émouvant

Valiant for Truth, composé par Ralph Vaughan Williams (1872-1958) sur un texte de l'écrivain du XVIIe siècle John Bunyan, a touché profondément le cœur. Cette œuvre, basée sur « The Pilgrim's Progress » de Bunyan, décrit le voyage d'un homme qui se prépare à sa mort et l'accepte avec une foi inébranlable. C'est une réflexion sur la joie de mourir, perçue comme une libération des soucis terrestres, et l'arrivée dans un repos céleste.

Le chœur a chanté ce morceau de 1940 (!) avec une intensité impressionnante, chaque note traduisant parfaitement la détermination sereine du texte. Les chanteurs ont su maintenir l'atmosphère profonde et contemplative de l'œuvre, tout en soulignant la joie et la sérénité de l'ultime abandon à la mort. Cette œuvre a acquis sa profondeur particulière grâce à la symbolique du texte, dans lequel les trompettes étaient le signe d'une bienvenue au ciel – un élément que le chœur a interprété d'une manière inimitable. Bien que les trompettes ne fussent pas physiquement présentes, leur « appel » dans la musique a été transmis de manière si frappante par la construction des parties chorales qu'il semblait les entendre réellement. Ce moment a été l'un des plus poignants du concert, où les lignes musicales et la charge émotionnelle s'entrelacèrent parfaitement. C'était un adieu puissant et poétique, une réflexion musicale sur l'abandon ultime au plus haut.

Dans le style d'une pièce comme Valiant for Truth, la véritable essence des compositions de Vaughan Williams se manifeste : l'équilibre entre la fragilité humaine et la force de la conviction spirituelle, interprétée par une musique à la fois puissante et subtile. Le chœur a transmis ce message avec une conviction qui rendait pleinement justice à la composition.

La fête persiste

La musique est restée festive, mais a gagné en profondeur avec Ecce vicit leo de Peter Philips (1560-1628). Cette œuvre techniquement exigeante a fait persister les trompettes figuratives du morceau précédent. Philips, en tant que catholique ayant fui l'Angleterre pour échapper aux persécutions sous Elizabeth I, a trouvé un nouveau foyer à Anvers. L'œuvre, publiée pour la première fois en 1613, reflète la riche tradition polyphonique de la ville.

Ce qui rend cette pièce particulière, c'est la manière dont Philips déploie ses idées musicales dans un réseau complexe de voix, mais Ecce vicit leo est plus qu'une simple marche triomphale – elle reflète également la force intérieure et la profondeur de l'âme, magistralement traduites en contrepoint et en dynamique, et brillamment portées par le chœur.

Un moment visuel-musical merveilleux

Puis quelque chose de merveilleux s'est produit…

À la toute première note du céleste Beati quorum via de Charles Villiers Stanford (1852-1924), le soleil a soudain percé les nuages, et l'intérieur de l'église s'est rempli de lumière rayonnante. Le symbolisme ne pouvait pas être plus parlant. Stanford, maître dans l'art de combiner le romantisme anglais avec la splendeur liturgique, avait su capturer avec cette œuvre un moment de pure transcendance. Tandis que les premiers sons du chœur s'élevaient, il semblait que la lumière elle-même s'entrelacât dans la musique, une symphonie visuelle et musicale qui renforça la charge spirituelle du moment. C'était un moment où la musique ne faisait pas seulement remplir l'espace, mais semblait embrasser l'âme. C'était comme si la joie d'une vie juste était merveilleusement soulignée par la nature elle-même.

Et comment pouvait-on surpasser musicalement un tel moment majestueux ? Faire is the Heaven de William Henry Harris (1883-1973) a achevé le concert de manière aussi impressionnante que naturelle. Harris, un maître dans l'art de combiner la musique chorale anglaise avec une expression profondément religieuse, a mené les auditeurs vers de nouveaux sommets de sublimité musicale. Le chœur y a trouvé l'équilibre parfait entre la grandeur et la profondeur narrative, chaque note rayonnant un sentiment d'intimité et de sublimité. Les riches harmonies ont créé une atmosphère quasi céleste, tandis que les paroles How then can mortal tongue hope to express the image of such endless perfectness rappelaient aux auditeurs la grandeur ineffable du ciel. C'était comme si les rayons de soleil qui remplissaient l'intérieur de l'église doublaient leur lumière par la musique elle-même, qui s'étendait comme une couverture chaude sur tout l'espace et les auditeurs.

Un point culminant surprenant

Enfin, en surprise inattendue, a suivi Hear My Heart Sing de Bernard Hughes (°1974), une réflexion sur la précipitation et la folie de notre existence. Le chœur a fait entendre toute son capacité dans cette œuvre de 2024, ce qui a fait de la conclusion de ce concert un point d'orgue imprévisible mais extrêmement impressionnant.

Un savoir-faire et une émotion excellents

Londinium a fait preuve tout au long du concert d'une clarté splendide, avec une sonorité soyeuse dans les registres aigus qui flottait comme une brise éthérée dans l'espace gothique. Les voix s'unissaient sans couture dans un ensemble harmonique, où le contrôle indéniable de Griffiths sur son ensemble était immédiatement apparent. Son style de direction, caractérisé par la précision et un sens aigu de la nuance, a mené le chœur vers une interprétation exceptionnelle. Son acuité musicale a permis à Londinium de se mouvoir sans effort à travers les nombreuses couches d'harmonies, toujours avec une focus claire sur la musique elle-même.

Les débuts belges de Londinium – une impression ineffaçable

Les débuts belges de Londinium resteront sans doute gravés dans les esprits des spectateurs. C'était un hommage grandiose à la tradition chorale anglaise, riche en émotion, en technique et en exploration d'un répertoire si varié. Le chœur a prouvé non seulement pourquoi il a construit une si forte réputation à Londres, mais aussi pourquoi il sait conquérir de nouvelles générations de mélomanes : par sa quête constante de raffinement, son ouverture à la musique nouvelle et son profond respect du passé. Nous attendons donc avec impatience leur prochain concert en Belgique !

Détails

Qui
Koor Londinium o.l.v. Andrew Griffiths
Sint-Jacobskerk, Antwerpen
Vu le
6 juillet 2025
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