Christoph Graupner (1683-1760) is een naam die zelfs bij liefhebbers van barokmuziek minder bekend klinkt dan die van Johann Sebastian Bach, Georg Philipp Telemann of Georg Friedrich Händel. Toch was hij in zijn tijd allesbehalve een randfiguur. Graupner was een bijzonder productieve componist en liet in Darmstadt een enorm oeuvre na, met onder meer opera’s, orkestwerken en ongeveer 1400 bewaard gebleven kerkelijke cantates.
Une occasion manquée pour Leipzig
Son nom est surtout lié à un événement de 1722-1723. Après la mort de Johann Kuhnau, Leipzig cherchait un nouveau Thomaskantor. Georg Philipp Telemann fut dans un premier temps candidat, mais finit par renoncer au poste. Graupner entra alors en lice. Le conseil municipal de Leipzig le choisit, mais son employeur, le landgrave Ernst Ludwig de Hesse-Darmstadt, refusa de le libérer de son service. Graupner resta donc à Darmstadt et Johann Sebastian Bach obtint finalement le poste. C’est une note historique qui a longtemps maintenu Graupner obstinément dans l’ombre de Bach.
Ces dernières décennies, la situation a progressivement changé. Florian Heyerick se consacre depuis des années intensivement à la musique de Graupner et, par ses interprétations et ses enregistrements, a contribué à la redécouverte d’un compositeur qui a bien plus à offrir que son lien avec Leipzig.
Six cantates pour ténor
Cette nouvelle édition réunit les six cantates conservées que Graupner écrivit pour ténor solo : Fürwahr, er trug unsre Krankheit, Ihr frommen Schafe, Ihr Lieben, glaubet nicht einem jeglichen Geist, Das Leben war das Licht der Menschen, Das ewig Licht et Ihr Gläubige, entäußert euch der Sorgen. Elles datent de la période 1725 à 1747. Les textes sont de Johann Conrad Lichtenberg, qui était non seulement le beau-frère de Graupner, mais aussi, à partir de 1721, prédicateur de la cour à Darmstadt.
Le titre du CD est emprunté à Das Leben war das Licht der Menschen. Dans un récitatif de cette cantate résonne le vers « ein Freudenlicht bestrahlt mich auf das Trauren ». L’image d’une lumière qui se répand sur la tristesse est caractéristique de l’univers textuel de plusieurs de ces cantates. Soucis, chagrin et doute humain y côtoient confiance et espérance. Graupner traduit musicalement cette opposition : la voix reçoit parfois le soutien des instruments, parfois ceux-ci y réagissent expressément ou y apportent un accent propre. Le Freudenlicht du titre est ainsi plus qu’une métaphore : il décrit la manière dont Graupner crée de l’espace pour la joie au sein de textes chargés de souci.
Une forme fixe, beaucoup de couleur musicale
À première vue, le point de départ semble laisser peu de place à la variation : chaque fois, le ténor occupe le centre dans une forme de cantate comparable. Pourtant, Graupner parvient à introduire des différences au sein de cette structure familière. La partie soliste alterne des coloratures virtuoses avec des lignes plus posées, et l’accompagnement instrumental reçoit lui aussi régulièrement un profil propre. La variation réside souvent dans de petites interventions : un autre accent, une réponse instrumentale ou une inflexion musicale qui donne un poids supplémentaire à un mot précis.
Georg Poplutz est un interprète idéal pour cette approche. Son ténor clair et chaleureux met constamment les mots en avant, même lorsque Graupner le fait chanter des coloratures virtuoses. La diction reste parfaitement intelligible et les accents rhétoriques sont choisis avec finesse, sans que l’interprétation ne devienne jamais excessive.
L’arpa festante, sous la direction de Florian Heyerick, suit cette approche avec une grande attention. L’ensemble n’a pas à rester constamment en retrait. Il reçoit régulièrement l’espace nécessaire pour faire entendre l’écriture instrumentale de Graupner, tandis qu’à d’autres moments toute l’attention se porte sur Poplutz et le texte. La distribution du continuo apporte elle aussi de la couleur : outre le violoncelle et la contrebasse, on entend notamment le basson, le clavecin, le luth et l’orgue. L’accompagnement reste ainsi plus qu’une simple assise harmonique et contribue activement à la rhétorique musicale.
Les mots prennent un son propre
Dans Fürwahr, er trug unsre Krankheit, « Ich will hier bei dir stehen » reçoit un traitement frappant de directeness. La ligne musicale rend audible le caractère du texte, et Poplutz met les mots en avant. Dans Ihr frommen Schafe également, des mots isolés sont nettement colorés musicalement. « Wachet und betet » et « Schafe » reçoivent un accent marqué, tandis que « Diebe und Mörder » prend une tonalité plus tranchante dans l’aria. Dans le récitatif, « Stolz » gagne également en relief. Ce sont de petites interventions, mais c’est précisément là que l’on perçoit combien la musique de Graupner réagit de près au texte.
Dans la première aria de Ihr Lieben, glaubet nicht einem jeglichen Geist, « Wenn Trennungen entstehen » sonne avec plus d’urgence. Sur « Satan », les violons apportent un accent propre. « Zähne bricht » dans le récitatif suivant gagne lui aussi en poids grâce à son traitement musical. Le choral qui suit prend ensuite une autre couleur. La succession de ces petits accents fait entendre combien Graupner entremêle étroitement texte et musique.
Dans Das Leben war das Licht der Menschen, cette interaction est peut-être la plus sensible. Dans le dictum, « Finsternis » reçoit l’accent. Dans la première aria, Jésus est chanté magnifiquement comme « meine Sonne ». « Fleuch, mein Herz » attire également l’attention : Poplutz exprime la joie de Noël avec une allégresse sans réserve, parfois même accompagné avec ferveur par les cordes et le continuo. Pour moi, c’est un moment absolument culminant du CD.
In der folgenden Arie entsteht erneut ein starker Kontrast. Die Streicher unterstreichen die Dringlichkeit der Weihnachtsbotschaft, während der Tenor in aller Ruhe die Frohe Botschaft dem gegenüberstellt. Das Rezitativ, dem die CD ihren Titel verdankt, verbindet Freude und Leid in einem Bild.
Licht und Glaube
Das ewig Licht bietet ebenfalls einige besondere Momente. Vor allem die erste Arie sticht hervor, mit einer verfeinerten Aufmerksamkeit für „Wen Gott adelt“. Die Botschaft an den Zuhörer gewinnt an Gewicht, während die Streicher nachdrücklich präsent sind. In „Ach“ ist die Emotion stark spürbar, wirklich so, als käme sie aus dem Herzen. Danach folgt eine eindringliche Arie mit dem eingehaltenen, lieblichen „Komm du“, im Gegensatz zum eher suchenden „mich Dunkelheit bedeckt“. Auch dies ist ein denkwürdiger Moment der Aufnahme, gerade weil die Emotion nirgends in Sentimentalität abgleitet.
In Ihr Gläubige, entäußert euch der Sorgen fällt in der ersten Arie auf, wie der Text musikalisch hervorgehoben wird. Bei „der ist ernährt“ erhält die Formulierung zusätzliches Relief, während die Violinen als kraftvolle Grundierung präsent sind. In der zweiten Arie zieht „Zufriedenheit“ die Aufmerksamkeit auf sich: klug durchdacht und durchlebt gesungen, gerade in seiner Schlichtheit.
Innerhalb der einzelnen Kantaten sorgt Graupner so für genügend Abwechslung, doch über eine vollständige Doppel-CD wird die Verwandtschaft in Form und Besetzung durchaus spürbar. Die Unterschiede liegen oft in den kleinen rhetorischen und instrumentalen Details. Gerade deshalb lohnt es sich, die Musik verteilt anzuhören: Wer den Kantaten etwas Zeit gibt, wird die Unterschiede untereinander stärker wahrnehmen.
Die transparente Aufnahme lässt sowohl Poplutz als auch die feingliedrigen Reaktionen von L’arpa festante gut zur Geltung kommen.
Mit dieser Veröffentlichung wird Graupner hörbar als Komponist in eigenem Recht. Seine Stärke liegt nicht in großen Gesten, sondern in der Art, wie ein einzelnes Wort, eine instrumentale Antwort oder eine unerwartete Wendung die Bedeutung eines Textes verändern kann. Vor allem Das Leben war das Licht der Menschen lässt hören, wie reich das Zusammenspiel von Text, Tenor und Ensemble sein kann. Die Doppel-CD verlangt zwar ein gewisses Maß an Dosierung, doch wer die Kantaten einzeln anhört, entdeckt einen Komponisten, der weit mehr ist als der beinahe-Thomaskantor von 1722.