Ce matin, nous avons appris la triste nouvelle que le compositeur Philippe Boesmans nous a quittés hier soir après une courte maladie. Nous sommes bien sûr profondément attristés par la disparition de cet artiste et présentons nos sincères condoléances à sa famille et à ses amis.
« Nous voulons nous souvenir de Philippe pour son humanisme, son humour et sa générosité », déclare Peter de Caluwe, directeur de la Monnaie. « Il était un invité toujours bienvenu dans notre Théâtre et un pilier essentiel de notre maison. Sa contribution artistique à la Monnaie et à l'opéra contemporain est d'une valeur inestimable. Il a servi de sounding board pour trois directeurs successifs de la Monnaie, n'hésitait jamais à donner des commentaires constructifs sur la programmation de notre maison, pour laquelle il a d'ailleurs fait plusieurs suggestions originales. Son avis comptait, en tant qu'ami et en tant que professionnel, et nous le regretterons beaucoup. »
En tant qu'artiste résident de la Monnaie sous les directions successives de Gérard Mortier, Bernard Foccroulle et Peter de Caluwe, il a reçu de nombreuses commandes créatives de la Monnaie. Cette étroite collaboration a commencé avec La Passion de Gilles, son premier titre d'opéra en première en 1983. Ont suivi Ronde (1993) d'après une pièce d'Arthur Schnitzler, Wintemärchen (1999) d'après Shakespeare et Julie (2004) d'après la pièce Fräulein Julie d'August Strindberg. Tous ces titres ont été mis en scène par Luc Bondy, qui a également signé les livrets à chaque fois. Plus tard, nous avons créé, en coproduction avec des maisons prestigieuses de Paris ou d'Aix-en-Provence, Yvonne, princesse de Bourgogne (2009), Au Monde (2014) et plus récemment on pourrait croire que cet opéra doit être indissociablement lié à la mise en scène de Joël Pommerat. Mais le CD confirme sans problème que l'opéra de Boesmans peut captiver l'imagination et les émotions grâce à la seule force du plaisir d'écoute (2017), ces deux derniers titres en collaboration avec Joël Pommerat. Il y a seulement quelques semaines, nous avons encore annoncé un nouvel opéra de Philippe Boesmans. Avec le metteur en scène et librettiste Richard Brunel, Philippe a mis la dernière main ces derniers mois à On purge bébé, une comédie d'après la farce homonyme de Feydeau. Cet ouvrage sera créé en décembre de cette année.
En plus de son œuvre scénique, Philippe était aussi très actif en tant que compositeur de musique de chambre et d'œuvres symphoniques. Son cycle de mélodies Trakl-Lieder a été encore interprété en février par l'orchestre de la Monnaie. Cela s'est déroulé sous la direction de son bon ami et chef d'orchestre Sylvain Cambreling, qui a créé bon nombre de ses pièces.
Philippe était un monument pour la musique belge et européenne. Ses œuvres ont été jouées dans le monde entier. De nouvelles productions de ses opéras continuent à régulièrement voir le jour, récemment encore à Stuttgart et Paris ("") ou Nancy (""). Il était une référence pour de nombreux compositeurs, dont Benoît Mernier et Kris Defoort, qu'il a guidés en tant que mentor pour leurs œuvres de commande destinées à la Monnaie.Ronde) of Nancy (Julie). Hij was een referentie voor tal van componisten, waaronder Benoît Mernier en Kris Defoort, die hij als mentor begeleidde bij hun opdrachtwerken voor de Munt.
Nous adressons nos condoléances à tous ceux qui ont connu Philippe de près ou de loin. La Monnaie lui rendra hommage dans le recueillement avec sa musique.