Avec « Plucked Bach III », Alon Sariel approfondit et parachève son cycle Bach très apprécié et crée un univers sonore caractérisé par une finesse extraordinaire et une introspection profonde. Cette dernière partie enrichit la série de nouvelles couleurs : un autre membre de la famille du luth – la baglama ottomane – et une mandole toscane rare, dont l'accordage, une octave plus bas, confère à la troisième suite pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach une sonorité sombre et veloutée. L'archluth, entendu au début et à la fin de l'album, encadre le programme avec une élégance discrète.
Le jeu de Sariel souligne que la composition de Bach est à la fois architecturalement précise et profondément tactile. L'album se déploie plutôt comme une succession de réflexions finement équilibrées que comme un arc dramatique unique. Les œuvres de Bach – comme le Prélude du « Clavier bien tempéré », la « Musette » du « Cahier d'Anna Magdalena » et la Deuxième partita pour violon avec sa monumentale Chaconne – apparaissent sous une lumière subtilement modifiée, où leur pulsation rythmique et leur poids harmonique sont clairement soulignés par l'intimité des cordes pincées. Des pièces bien connues du répertoire pour clavecin, violon et violoncelle côtoient des œuvres plus rares, notamment celles de Westhoff et Matteis, créant une expérience d'écoute qui glisse sans effort entre la contemplation, la réminiscence et la résonance.





