Il y a bien longtemps – Il était le mouton noir du « Groupe des Six » : malgré une œuvre considérable et d'importants défenseurs, Louis Durey n'est plus connu aujourd'hui que des spécialistes. Holger Falk et Steffen Schleiermacher consacrent le dernier épisode de leur série de mélodies du « Groupe des Six » à cette figure intransigeante qui, par son travail, remet en question plus d'une certitude sur la musique du cercle autour de Cocteau.
Un grand absent – Contrairement à ses confrères, Durey était plutôt critique envers la rigueur de Cocteau ; il ne partageait pas le mépris général pour tout ce qui était « romantique ». C'est pourquoi parmi les paroliers de ses mélodies se trouvent non seulement les suspects habituels, mais aussi Rilke et Heine – et même Hô Chi Minh !
Un convaincu – Car Durey était aussi un communiste et révolutionnaire militant qui s'engageait pour la résistance et voulait écrire une musique pour le peuple. L'a-t-il réalisé avec ses mélodies d'une extrême sophistication artistique ? Ses « Vergers » sur des textes originaux de Rilke témoignent en tout cas d'une richesse harmonique expressive qui égale celle de Schönberg et Messiaen – loin de l'idéal de Cocteau d'un langage musical simple.
À reconsidérer – C'est probablement pour cette raison que Durey est si souvent oublié quand il s'agit du « Groupe des Six ». Et pourtant, le tableau serait incomplet ; d'autant plus méritoire est le fait que Falk et Schleiermacher, dans leur série plurirécompensée, montrent tout l'éventail d'une époque. La voilà enfin, la réhabilitation si attendue d'un artiste injustement oublié.





