Theater aan Zee nodigt uit tot cultuurparticipatie en biedt een heerlijk pittige cocktail van vakantie en podiumkunsten. Dit met een gevarieerd aanbod voor groot en klein: indoor of outdoor — je hebt het voor het kiezen: puur ontspannend of mag het best wat inspanning vergen? De keuze is aan de bezoeker. De unieke formule van TAZ is inmiddels uitgegroeid tot een begrip en vierde een zilveren jubileum met een wervelend feestprogramma onder de noemer ‘Ziejemij’. ‘Zorg’ was deze editie het centrale thema. Zorg voor elkaar, voor het milieu, voor een sector in moeilijkheden, voor een inclusieve en solidaire samenleving. Het werd de drukst bezochte editie tot nu toe.
Évolution
Un festival d’arts de la rue qui s’est transformé en festival pluridisciplinaire comptant des centaines de spectacles. Ici, c’est clairement l’embarras du choix. Qui aurait pu rêver, il y a 25 ans, d’une telle transformation ! Une immense croissance peut amener une organisation à se laisser piéger par ses propres ambitions, mais ce n’est certainement pas le cas de TAZ. Il conserve son identité et son charme. Cette édition fut une fois de plus aventureuse. Le public a eu l’occasion de rattraper des spectacles manqués ou de partir à la découverte. Dans un entrelacement et en toute liberté artistique, les artistes présentent leur travail.
Pendant plus d’une semaine, TAZ a de nouveau fait vibrer les rues, les places et les salles d’Ostende au rythme du théâtre, de la danse, de la musique et des croisements entre disciplines, dans une atmosphère de joie et de partage. Luc Muylaert, pendant toutes ces années la force inspirante et le moteur de TAZ, a passé le flambeau à Jozefien Mombaerts, assistée de Cindy Godefroi et Lies Deschitere. Les nombreux bénévoles (environ 450), alliés de longue date de TAZ, qui veillent avec tact et discrétion à ce que tout se déroule bien, ont été associés comme partenaires et ont pu exprimer leurs préférences. En co-création, l’équipe est parvenue, avec espièglerie, intelligence émotionnelle et une part d’esprit expérimental, ainsi que des récits lâchement liés entre eux, à composer une programmation solide, qui rayonnait dans toutes les directions. Dans ce spectre, les frontières, l’identité et la diversité trouvent leur place dans une mer de culture. Voici un compte rendu des spectacles que j’ai vus.
‘MISE EN PLACE’ de hetpaleis/cie Barbarie/Theater Stap/BRONKS/Kopergieterij
Cette production met en lumière les possibilités des personnes en situation de handicap. La scène est vide, à l’exception d’une porte et d’un portail. L’imagination a reçu carte blanche. Nous cherchons tous notre place dans le monde. Qui suis-je ? L’être humain est-il un corps sans tête, six jambes sans torse, une seule immense jambe ? La porte et le portail par lesquels beaucoup peuvent passer sans problème restent fermés pour d’autres. Ce spectacle absurde se laisse bien lire jusqu’au moment où les panneaux autour du portail et de la porte sont démontés. Là, cela dérape un peu. Le tableau scénique devient chaotique. L’engagement des comédiens de Theater Stap et de Barbarie est profondément touchant.
Théâtre-concert ‘Ik Ben De Walvis’ Wim Opbrouck, tournée en coopération avec Te Gek!?
Un spectacle en plein air sur les quais qui commence à 21 h, lorsque le crépuscule cède lentement la place à l’obscurité et que la lune entame son lent parcours. Le décor d’un chantier naval, parmi du vieux matériel rouillé, des navires et, au loin, un phare, a quelque chose de surréaliste.
Les artistes ressentent instinctivement ce qui couve sous la surface. Avec la pandémie et la guerre en Ukraine, une grande angoisse et une profonde inquiétude traversent la société. Avec une détermination résolue, Wim Opbrouck perce le vacarme de l'actualité, car lui-même n'est pas exempt de pensées sombres, de mélancolie. Dans « Ik Ben De Walvis », Opbrouck laisse voir son âme et son cœur. Un spectacle à la charge émotionnelle forte. Il ne s'agit pourtant pas d'un projet narcissique. Il s'oppose aussi à une pensée anthropocentrique. La baleine n'est pas un poisson mais un mammifère, tout comme l'humain. Un animal lourd et massif, mais gracieux et élégant. Wim Opbroeck incarne le rorqual à bosse. Il est fasciné par la vie marine. Cela transparaît dans le style hybride : une fusion de recherche scientifique et de son esprit créatif libre. Il s'est plongé dans la matière et glisse à travers celle-ci avec son discours imagé, expressif et fluide, son langage corporel et son chant. La baleine reçoit des traits humains, elle lutte aussi contre la solitude et les pensées obscures, mais l'instinct de survie l'emporte sur le fatalisme et la témérité juvénile. Opbroeck chante quelques vieilles ballades anglaises. Les ballades racontent des histoires de chagrin et de perte, de persévérance et de passion. Il livre une interprétation magnifique de « Send in the clowns », écrite par Stephen Sondheim pour la comédie musicale « A Little Night Music » de 1973. Opbrouck décrit la baleine comme le monarque des mers. Eh bien, Opbrouck est le monarque de la scène. Il occupe cette position grâce aux quatre piliers de son art : respirer, jouer, chanter, danser. Impressionnant ! Il est accompagné de deux instrumentistes : Niels Van Heertum à l'euphonium et Ron Reuman aux percussions et aux samples. À trois, ils avancent à pleine puissance. Leurs cerveaux sont câblés de la même manière. En chaque individu se cache une chambre d'écho de pensées sombres, d'un pessimisme mélancolique, le cercle intime caché. Il n'y a pourtant aucun court-circuit émotionnel. Wim Opbrouck, dans ses méditations, franchit tous les refuges. Il coule les sentiments dans des mots et, avec les deux instrumentistes, leur donne couleur. Un cri primal qui déborde d'élan vital et d'énergie. Dans la trame sonore sont intégrés la cloche de bateau et la corne de brume. Très beau, d'une beauté éthérée, est le trio de flûtes à bec. À ses côtés, deux solistes de premier plan qui, avec Opbrouck, donnent aux mélodies l'intensité nécessaire. Leurs corps vibrent sur la même fréquence. Les synergies naissent en effet d'une parenté profonde. On ne peut qu'être impressionné par tant de verve, de musicalité et de classe naturelle. Trois hommes brillants et créatifs offrent une soirée saisissante. À la fin, la mer gronde.
Théâtre musical « Pied de Poule » Studio Orka
Il est vraiment dommage que Studio Orka arrête, qu'il ferme ses portes. « Pied de Poule » est une fois de plus l'un de ces spectacles salutaires. Outrancier, mais maîtrisé dans son outrance. Cette ambiance désinvolte pour aborder les problèmes et questions de la vie est l'une des forces de ce collectif théâtral. Le décor est sublime. Un atelier de retouche, « Retouche Wilfried », avec des fenêtres ouvertes sur le monde. Quand les protagonistes déchaînent leur fureur à l'extérieur, le public peut savourer la réaction stupéfaite des passants. Dehors, la ville gronde et le monde continue de tourner. Sur une place animée, attenante à une rue fréquentée, il se passe toutes sortes de choses. Les comédiens y jouent avec enthousiasme. Tout n'est pas que plaisir et amusement. Quelques sujets brûlants de la société sont passés au crible. Un père célibataire (veuf) peine avec sa fille adolescente qui souffre d'anorexie ; malgré sa propre misère, il est aussi le roc pour certaines personnes qui ne trouvent pas leur place dans la société, qui aspirent à la stabilité et à la sécurité. Une montagne russe du début à la fin qui aspire le public dans un tourbillon de prospérité et d'adversité. Tous marchent sur un fil ténu. Le mélange subtil et trompeur d'humour et de gravité, mis en scène de façon hilarante jusqu'à Superman, avec pour ciment la camaraderie.
Avec cette réflexion : nous ne pouvons pas nous passer de l'autre. Titus De Voogdt est un acteur à l'énergie indomptable et athlétique. Mieux que quiconque, cette distribution — Steven Beersman, Ephraim Cielen, Greet Jacobs, Naomie van der Horst, Martine Decroos et Philippe Van de Velde — sait, dans un élan effronté de jeu, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Au moment opportun, on chante aussi, et comment ! « Pied de Poule » est tout ce qu'on attend d'Orka : ingénieux, décalé, drôle, émouvant. Un spectacle qui crépite et étincelle du début à la fin.
Trois monologues
Les trois monologues s'inscrivent parfaitement dans le leitmotiv 2022 du TAZ, « Ziejemij ». L'humain dans toute sa détresse, ses traumatismes et ses soupirs apparaît à l'écran. Mais la multiplicité des monologues révèle aussi une carence.
Le théâtre est avant tout un travail d'équipe, une gesamtkunst avec protagonistes et antagonistes. Avec la dissolution des grandes compagnies et le « on se connaît entre nous » fréquent, les jeunes comédiens sont poussés vers l'entrepreneuriat créatif. S'ils ne trouvent pas de travail, ils créent eux-mêmes un spectacle.
« De Bastaard » au Zuidelijk Toneel
Rashif El Kaoui opens with the confrontational words: "I am a bastard, a half-breed, a dustbin race." He addresses the polarising theme of identity and outlines his history, his contested place in society, a life full of barbs. As the child of a Flemish mother and a Moroccan father, he struggles with who he is. Although he was born here, attended school and works here, many Belgians regard him as a foreigner, an outsider, and in Morocco he is equally so. He wants to open the eyes of the spectator to taboos, prejudice and racism. His father came from a shabby little village high in the mountains, the soft Atlas sand of Morocco.
Uprooted, the devil of drink and drugs took hold of him. Things went wrong between father and son. His grandmother on his mother's side was Rashif's best buddy. He had never seen Morocco until he was thirty, when he set out in search of his roots. He does not know the language and the reception is rather cool. There is interaction with the audience. In this performance he is sparingly supported by a percussionist/singer and a filmmaker. Images of the journey are projected. The audience experiences everything through his eyes. With a sharpness that touches on the struggle of people with themselves and with others, in a shading of sorrow and resilience. This story of fathoming one's own roots lingers long after.
‘Holy Shit’ De Nwe Tijd Suzanne Grotenhuis
Burn-out belongs to the zeitgeist. Theatre maker Suzanne Grotenhuis dares to present herself as fragile; by showing herself to the audience in this way, the performance is also empowerment for others who go through deep valleys. She sketches her emotional and cognitive disruption during the world's largest theatre festival: the Edinburgh Fringe Festival, where she lost her pedals. A frail presence on stage who manages to captivate the audience for well over an hour. If you're in the shit, you have to let go of everything for a moment to get back to your positives, and that takes time. Then there is the question: "Yes, but who is going to pay for all that?"
Music theatre ‘Serenade’ Louis Janssens

Louis Janssens uses the life and music of Franz Schubert to express himself as a queer artist and to share his dreams and love of music with the audience. He does so in an unconventional way: in pyjamas, on a mattress, with a laptop within reach. He displays all his talents: he speaks English, German and French alongside his mother tongue. He has classical songs and arias performed by no less than stars from the opera repertoire: Barbara Hendrickx, Jessye Norman, in compositions by Charles Gounod and Purcell, and comments on them. In addition, his idols Liesbeth List, Patti Smith and Céline Dion also get their turn. In a spectacular way he lip-syncs the aria for coloratura soprano ‘Queen of the Night’ from Mozart's Die Zauberflöte. With languid nonchalance he shamelessly throws himself into flirting with the audience. This monologue ends with the song ‘Der Doppelgänger’, sung with a few dark, uncanny piano strokes, just four chords.
The circle is complete. The performance began with work by Schubert and ends with Schubert.
Theatre ‘Regent en Regentes’ Compagnie Cecila
On 28 November 2010, theatre writer and director Eric De Volder, founder and artistic director of Toneelgroep Ceremonia, died unexpectedly. The company's veterans exceptionally revived the classic ‘Regent en Regentes’, now over 20 years old. Based on an authentic exchange of letters, this is a war story about a woman who must choose between two friends. The imagery is very characteristic of his work. You are surprised by the grotesque style and the relevance of the direction, which has lost none of its force. The choice of music, beautiful choral work, draws you into the performance. With practically the same cast: Tom Vermeir, Ineke Nijssens, Johan Knuts and Hendrik Van Doorn, the performance was staged five times during TAZ as a tribute.
The beautiful summer is not over yet. TAZ#22 is, and now it is time to look forward to the next edition.