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Critiques

La Serenata

V
· 4 min de lecture
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La Serenata
On dit parfois : voir la musique. Eh bien, cette sérénade possède des couleurs riches et chaudes. La Serenata est un concert de poésie et d'opéra où l'amour dans tous ses caprices et ses formes est célébré. En matière de romantisme, nous autres gens du Nord avons encore bien des choses à apprendre. Dans le sud de l'Italie, la tradition de « la serenata » est maintenue jusqu'à nos jours : la veille du mariage, le marié se rend avec sa suite et sa guitare à la maison de sa future épouse pour chanter l'Amour et la Vie sous son balcon. Pour célébrer l'amour en bonne et due forme, on a choisi un lieu atypique : l'église Sint-Martinuskerk de Zaventem. Point positif : une acoustique magnifique. Le chœur est isolé par des tissus délicats en différents formats, sur lesquels des images sont projetées pendant le spectacle.

Yin & Yang – de la pure alchimie

Pieter Embrechts est actif dans d'innombrables projets. Un musicien et performeur pour qui l'aventure est une seconde nature. Il assume le rôle d'animateur et débite des poèmes d'amour, des histoires et des chansons sur l'amour flexible. De Hugo Claus à Toon Tellegen et de Judith Herzberg à Herman Brusselmans. À ses côtés, la soprano et multi-instrumentaliste Noëmie Schellens et le guitariste classique Maarten Vandenbemden. Dans une ode ludique, tous les registres sont mobilisés dans un tourbillon de musique et d'images dans un langage artistique épuré. La Serenata s'ouvre sur des voix qui se querellent. Pas de roses sans épines. Ensuite, des images intimistes de mains qui se touchent, se caressent avec hésitation. Elles prennent encore plus de valeur émotionnelle avec quelques accords de guitare et le son vocal haut et rêveur et les vocalises de Noëmie Schellens. Elle interprète des arias d'opéra entraînants de Vinsenzo Bellini à l'univers sonore nostalgique de Raynoldo Hahn. Des mélodies mémorables interprétées avec une émotion contenue et une touche de mélancolie.

Les vieux amants

Dans l'illustration de l'amour, on ne se concentre pas seulement sur la jeunesse, la beauté et le glamour. L'accent est mis sur l'harmonie sous-jacente entre deux personnes. Les créateurs optent pour des effets subtils : une série de photos au fil des ans visualise une vie de fidélité et d'attachement. Un couple âgé est photographié dans son potager sur un sentier, toujours au même endroit. Des photos à travers toutes les saisons en tenue de travail ou en tenue de gala illustrent leur vie. Fiers de leur place, jusqu'à ce que seul l'homme reste avec un vide béant à côté de lui. Un couple de dames sud-américaines d'un certain âge sont filmées tandis que l'une lit à l'autre un passage piquant d'un livre. Cela mène à des soupirs intimes et à des confidences. Le programme est plein de paradoxes. Des arias aux poèmes, ballades, rock et de nouveau à la musique classique. C'est un plaisir d'écouter quand Pieter Embrechts débite de la poésie de sa voix chaleureuse. Un régal pour l'oreille. Dans les ballades, il passe de la basse au ténor, tire des sons impressionnants de sa guitare électrique digne de Jimi Hendrix. Avec des images « d'éclairs », un coup de foudre est illustré. Le feu jaillit. D'abord une petite flamme hésitante, puis un feu brûlant intense. L'éclat ardent d'une passion amoureuse qui consume tout avec une bande sonore complémentaire. Les arias d'opéra complètent les images. Très beau aussi est le petit film d'archives d'une trapéziste avec des ailes d'ange. On voit le regard d'un homme qui suit discrètement et avidement son vol dans l'espace. La projection quitte l'écran et l'ange flotte au-dessus de la voûte de l'église. Une belle trouvaille ! La musique adaptée vous emporte vers des sphères plus élevées. Avec des changements de tempo et de dynamique, l'ensemble reste captivant et intéressant. Vers la fin, Maarten Vandenbemden joue encore le magnifique adagio du Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo. Noémie Schellens chante. De bout en bout, une musique d'ambiance et ardente qui vous pénètre. Un concert chaleureux présenté par un trio avec un élan irrésistible. Une petite remarque personnelle : le son semblait à un certain moment un peu trop fort pour rester agréable. © Koen Broos © Koen Broos © Koen Broos © Koen Broos © Koen Broos © Koen Broos QUOI : La Serenata OÙ : Sint-Martinuskerk, Zaventem INTERPRÈTES : Maarten Vandenbemden [guitare], Noémie Schellens et Pieter Embrechts [chant]

Musique : Vinsenzo Bellini, Raynoldo Hahn, Joaquín Rodrigo Poésie & prose : Hugo Claus, Toon Tellegen, Judith Herzberg, Herman Brusselmans.

QUAND : vendredi 3 mars, 20h
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