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KLANKDOMEIN 2026 – L'appel d'un sol vibrant

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KLANKDOMEIN 2026 – L'appel d'un sol vibrant
© Yoshie Kuwayama

Depuis cinq ans, Klankdomein braque les projecteurs sur la musique flamande et réunit pour cela les meilleurs interprètes à bord : pensez au Izumi Pianoduo, au violoncelliste Pierre Fontenelle, à la violoniste Yuki Horo, à la clarinettiste Hannelore Vermeir et au Desguin Kwartet. Des musiciens de premier plan, actifs au quotidien dans la vie concertante.

Cette année encore, l'organisateur Wilfried Westerlinck et son équipe nous invitent à deux concerts les 11 octobre et 7 novembre 2026, avec une série de créations de Mieke van Haute, Frederik Neyrinck, Piet Swerts, Alain Craens et Raoul De Smet (dont nous célébrons le quatre-vingt-dixième anniversaire). À l'affiche figurent aussi des œuvres d'Albert Delvaux, Lodewijk Mortelmans, Georges Lonque et Arthur Wilford – des compositeurs qui ont assurément leur poids.

Musique et parole, car Joanna Van der Heyden et Jean-Pierre Rondas (tous deux figures emblématiques de Radio 3, aujourd'hui à la retraite) se chargent chacun d'une conférence passionnante.

Cher Wilfried, que représente Klankdomein ? Quel est le but, quel est le fil conducteur ?

Dès le départ, toute l'attention est allée à la musique de chambre de compositeurs flamands. Il est triste de constater que cet aspect a presque totalement disparu du circuit des concerts. Les programmes sont composés de manière très variée, afin que de nombreux aspects puissent être abordés : effectifs, styles, et un mélange de compositions écrites entre 1830 et aujourd'hui. Ainsi, chaque concert est comme un éventail.

Les concerts de cette année s'inscrivent dans le prolongement des éditions précédentes, très passionnantes. Quels sont les temps forts de cette édition ? Des interprètes particuliers ? Des compositeurs à découvrir ?

Chaque édition part des possibilités que certains effectifs m'offrent, et des combinaisons que nous pouvons développer à partir de là.

Mais il y a aussi la question : quels interprètes puis-je solliciter pour cela ? Ainsi, Frederik Neyrinck attend depuis de nombreuses années la création de son œuvre Klankstudies voor fluit en harp. Tille Van Gastel était prête à s'y atteler et a trouvé une bonne alliée en Marjolein Vernimmen. C'est ainsi que nous en sommes venus à l'œuvre d'Albert Delvaux. Car il avait écrit pour ce même effectif un Duo en 1985, qui n'a plus jamais été joué depuis. Ou encore la réhabilitation d'une petite pièce du modeste compositeur Franz Liesenborghs, jumelée à une composition charmante d'Arthur Wilford – autrefois un prodigieux pianiste virtuose, et l'homme qui a fondé la première école de musique flamande à Bruxelles.

Bien sûr, j'essaie tout de même de présenter quelques créations. Le Pianoduo Izumi cherchait depuis un certain temps une scène où faire entendre une œuvre qu'Alain Craens a écrite pour elles. Par ailleurs, j'ai demandé à Jan Van Der Roost de réaliser une version à quatre mains de ses populaires Rikudim Dansen.

J'apprécie toujours autant les conférences à Mortsel, cette fois celle de Joanna Vanderheyden sur les revues musicales…

Je ne suis pas très friand des pauses pendant les concerts. Je peux toutefois imaginer que le public en éprouve parfois le besoin, pour se changer les idées. C'est pourquoi on trouve ces conférences au milieu de chaque concert. Cette année, je me suis tourné vers mes anciens collègues de BRT3 et de Radio 3. Joanna Van der Heyden s'est plongée dans l'histoire des revues musicales dans notre pays, et j'ai demandé à Jean-Pierre Rondas d'éclairer la musique et le monde. La musique peut-elle sauver le monde, se demande-t-il… Une question à laquelle je n'avais jamais réfléchi moi-même, et qui ne peut donc être que très stimulante lorsqu'un homme aussi érudit que Jean-Pierre expose ses idées à ce sujet, n'est-ce pas ?

Comment réagissent les compositeurs belges figurant à l'affiche de Klankdomein ?

Beaucoup de collègues trouvent l'initiative précieuse et sont ravis de voir une de leurs œuvres réapparaître à l'affiche. C'est souvent là le problème : les interprètes aiment jouer des créations, cela fait bonne figure dans leur biographie. Mais garder ensuite ce même morceau au répertoire s'avère difficile. Il va de soi que toutes les œuvres ne sont pas des réussites. Mais un concert composé uniquement de réussites me semblerait soporifique. C'est pourquoi j'aime citer Stijn Streuvels : Il faut un peu d'aventure, de mouvement, d'agitation, d'élan et de passion dans la vie de tous les jours, sinon le temps s'écoule dans une grise monotonie !

Jusqu'ici, tu as vraiment tout fait toi-même pour ces concerts – jusqu'à l'impression des flyers et des billets. As-tu entre-temps obtenu du renfort pour ces tâches pratiques ?

Je fais encore pratiquement tout moi-même. Ces dernières années, les billets ont été confiés au Cultureel Centrum Gravenhof à Hoboken. Jusqu'à l'an dernier, j'ai également reçu un soutien considérable de l'Algemeen Nederlands Zangverbond. Mais les réservations, les rendez-vous avec l'imprimeur, la communication, la composition et les corrections des programmes, la gestion du budget et tout le reste – je m'en charge entièrement. C'est et ça reste une activité quasiment menée par une seule personne. C'est pourquoi cette année sera probablement la dernière où je organise cela. Au cours des cinq dernières années, une centaine d'œuvres de nos compositeurs ont été exécutées. Il s'agissait souvent de belles découvertes, je pense par exemple au Poëma voor viool en piano d'Henry Sarly, à la Sonate pour flûte de Stephan vande Ginste, aux mélodies de Franck Van Der Stucken ou au Quatuor avec piano de Victor Legley… (et je pourrais encore continuer longtemps…)

Où en est la musique classique belge ? Observe-t-on des tendances chez les jeunes compositeurs ? En tant que lyrique par excellence, entretiens-tu un lien étroit avec les talents contemporains ?

Let me be clear: I am a composer of the old guard! And that the music of young composers sounds different is good – very good, even! Other insights have emerged, and our young composers are also fitting in well with international trends! They are also increasingly seeking inspiration in the great centres or from composers of international renown. The step in that direction has also become much easier. I would have liked to study with a composer like Boris Blacher. For some reason I never took that step. I still regret it, although I have always been very grateful that I had other excellent teachers: Vic Legley, August Verbesselt and Daniël Sternefeld, composers with a remarkable track record. Talent that deserves more attention in our symphonic concerts.

When will you call Klankdomein 2026 a success?

When there is a flourishing turnout of interested listeners, and we get to experience beautiful, moving music.

Furthermore, I have confidence in our musicians, such as the Desguin Quartet, Hannelore Vermeir, Yuki Horo, Pierre Fontenelle, Urbain Boodts and the Pianoduo Izumi, that they will give their very best.

Then I will be happy and content, and I will allow myself a good glass of wine! Absolutely.

Thank you, Wilfried Westerlinck. And that Kasteel Sorghvliedt is a unique location, surrounded by greenery and space to let all that music breathe fully, that too. A concert to look forward to!

Practical information:

Klankdomein concert Sunday 11 October 2026 at 3 pm

Kasteel Sorghvliedt – Marneflaan 3 in 2660 Hoboken

Hannelore Vermeir (clarinet), Tille Van Gastel (flute), Marjolein Vernimmen (harp)

& Desguin Quartet play music by F. Neyrinck, R. De Smet, A. Delvaux, G. Lonque and W. Westerlinck

Tickets €15 pp via t 03 292 65 30 or www.gravenhof.antwerpen.be/klankdomein

Klankdomein concert Saturday 7 November 2026 at 8 pm

Auditorium Muziekacademie Mortsel – Eggestraat 13 in 2640 Mortsel

Pianoduo Izumi, Yuki Horo (violin), Urbain Boodts (piano), Pierre Fontenelle (cello)

Play music by L. Mortelmans, M. Van Haute, F. Liesenborghs, P.J. Swerts, A. Craens, J. Van Der Roost and Jean-Pierre Rondas, and give a lecture 'Can music save the world?'

Admission free with voluntary contribution, but reservations are strongly recommended: westerlinck.wilfried@gmail.com

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Crédit photo
Yoshie Kuwayama
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