Aller au contenu
Dit is een volledig nieuwe website, vond u een bug, stuur ons een email op bestuur@klassiek-centraal.be
Traduit automatiquement · original
Critiques

Sur les Néerlandais qui ne peuvent pas vivre un jour sans Bach

R
· 6 min de lecture
Partager cet article
Sur les Néerlandais qui ne peuvent pas vivre un jour sans Bach

Les Néerlandais ont quelque chose avec Bach. Et ce n'est pas d'eux que je le tiens mais d'un Japonais. C'est Masaaki Suzuki, du Bach Collegium Japan, qui l'écrit dans sa préface à ce nouveau petit livre sur Bach. Il parle de la fièvre de Matthäus qui l'a tellement surpris quand il est arrivé aux Pays-Bas comme jeune homme de vingt ans. De telles longues files de mélomanes de Bach s'installant à la « Groote Kerk » à Naarden, y compris le premier ministre néerlandais, pour les représentations de la Passion selon saint Matthieu, organisées chaque année depuis 1922 par la Nederlandse Bach Vereniging. Il n'y croyait pas.

Le petit livre « Geen dag zonder Bach » est en fait le résultat de quinze conversations que Rinke van der Valle a notées auprès d'un certain nombre de mélomanes de Bach connus et moins connus et surtout néerlandais : des chefs d'orchestre (Tom Koopman), des musiciens, des chanteurs (Peter Kooij), des musicologues (le biographe de Bach Christoph Wolff), des auteurs (Maarten 't Hart). Il les a confrontés à la question : pourquoi ce compositeur touche-t-il tant de gens, quel est son secret ? Geen dag zonder Bach n'est pas seulement le titre de cette œuvre mais aussi la devise de vie de ce professeur de mathématiques à la retraite.

L'écrivain Maarten 't Hart vient en premier et va droit au but : « Quand tout le monde suivait les Beatles, j'étais toujours occupé à écouter les cantates ». Érudit comme pas d'autre, 't Hart cite abondamment dans l'œuvre des cantates de Bach, aidé par le petit livre qu'il a écrit en 2000 pour le 250e anniversaire de la mort de Bach. Il a été publié chez Kruidvat à cette époque, et il s'est vendu comme des petits pains : 120 000 exemplaires….!

La conversation avec le chef d'orchestre Tom Koopman se poursuit dans sa bibliothèque. Et quelle bibliothèque cela doit être : il a un assistant à son service pour gérer les affaires. Et on continue à parler de Gustav Leonhardt (qu'il aime bien : il a suivi une leçon avec lui qui lui a beaucoup appris) et de Nikolaus Harnoncourt (qu'il n'aime pas : qui voulait toujours avoir raison), de son core business « diriger » et bien sûr de son œuvre de vie, l'Amsterdam Baroque Orchestra & Choir avec lequel il a enregistré toutes les cantates.

L'auteur a également trouvé un thérapeute Govert Jan Bach, un lointain descendant d'ailleurs, qui pouvait donner à ses patients dépressifs un « coup de fouet » musical. Mozart était le favori chez eux, une musique si ensoleillée. Mais avec le chœur final de la Passion selon saint Matthieu, Wir setzen uns mit Tränen nieder », un patient qui n'avait pas pu pleurer pendant dix ans s'est mis à pleurer. Une musique thérapeutique. Govert Jan Bach programme d'ailleurs un programme radio pour Concertzender portant le nom de Geen dag zonder Bach. Son Bach préféré est le Weihnachtsoratorium, il y a aussi de la gaieté là-dedans, ce qui manque dans les passions.

Jos van Veldhoven, longtemps directeur artistique de la Nederlandse Bachvereniging, ne pouvait pas manquer. C'est une association prestigieuse fondée en 1921, qui entretient une tradition précieuse, et qui est chaque année responsable de ce festival Bach à Naarden.

Wim Faas aussi, auteur de plusieurs livres sur Bach, s'installe pour parler. Il raconte entre autres comment il a commencé son livre « Dansen met Bach ». Il a lu chez Simon Vestdijk une belle sarabande de Bach, ne savait pas ce que c'était et a commencé à lire à ce sujet puis à écrire. Faas est connu pour tisser une longue histoire basée sur de petites anecdotes factuelles autour de la vie de Bach. Pour lui, chez Bach « rien n'est pareil : cela n'ennuie jamais ». Et il avoue qu'il rêve d'écrire un roman ou une novelle sur la Passion selon saint Matthieu.

Dans les rangs du milieu bachien néerlandais, Rinke van der Valle arrive également chez l'organiste et pianiste Leo Van Doeselaar qui est également professeur à la Universität der Künste berlinoise. Et ensemble ils passent en revue le répertoire d'orgue de Bach et louent le son des nombreux beaux orgues qu'il a joués aux Pays-Bas.

L'interview avec LE spécialiste allemand de Bach Christoph Wolff, professeur à Harvard et ancien directeur des archives Bach de Leipzig, me semble plus intéressante. Il a aussi été programmateur du festival Bach annuel de la ville. Et sans oublier, il est l'auteur de la biographie la plus impressionnante sur Bach. Il est captivant de lire comment Wolff a découvert l'Altbachisches Archiv, tous les morceaux de musique que Bach avait recueillis et archivés de la part de ses membres de famille. Son fils Carl Philipp a hérité de cette collection qui a séjourné à Berlin jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale et a ensuite d'abord déménagé en Pologne puis s'est retrouvée à Kiev. Pour l'historien de la musique Wolff, cette découverte ou redécouverte de cette bibliothèque complète a été un événement écrasant.

Suivent encore des conversations avec l'organiste Jan Luth, et surtout aussi hymnologue (oui : connaisseur des recueils de cantiques de Bach et des chorals), avec Euwe et Sybolt de Jong, deux frères organistes qui font des arrangements à quatre mains de compositions de Bach, avec l'organiste Tymen Jan Bronda, violoniste Harm Sterenberg, tous vivant ou travaillant dans le nord néerlandais. Près de Groningen, notre auteur trouve d'ailleurs aussi le Suisse Martin Stadler, longtemps premier hautboïste de la Nederlandse Bachvereniging. Un autre organiste fait son apparition, mais celui-ci est un cas particulier : Kees van Houten. Il est surtout connu pour son intérêt incessant pour ce qui se cache derrière les notes et alors il voit beaucoup de nombres. Il l'a résumé dans son livre controversé Bach en het getal. Quand il en parle, toute une histoire se déploie sur la traduction des valeurs de notes en nombres. La symbolique des nombres dans la musique, c'est un art en soi…

Arrêtons-nous enfin sur la conversation avec le fidèle bachien, le basse Peter Kooij. Il chante depuis 45 ans chez Philippe Herreweghe et aime ça. C'est un esprit qui ne repose jamais, toujours à la recherche de profondeur, il y met son âme et on ne trouve pas ça partout. Kooij résume le message de Bach avec ses cantates en deux phrases : « Sur cent arias, 99 parlent du chemin que nous parcourons dans ce monde. Nous nous réjouissons de la mort car nous allons au paradis. »

Suit ensuite une interview avec l'artiste Marte Röling qui, sur commande de l'association Bach néerlandaise, a créé un portrait « nouveau » d'un Bach ayant l'air moins sérieux : « Le grand Johann à la maison », sans cette perruque ostentatoire. Le livre se termine par un aperçu de la vie et de l'œuvre de Bach

Tout compte fait, un petit livre divertissant, riche d'anecdotes surtout sur les interviewés eux-mêmes mais aussi avec leurs remarques pertinentes et souvent instructives sur la façon dont ils vivent l'œuvre du compositeur. Certes une sélection très néerlandaise de connaisseurs de Bach. Mais j'aime toujours lire ce que raconte Maarten 't Hart et les grands noms comme Ton Koopman et la basse Peter Kooij. C'est aussi très particulier que l'histoire de Christoph Wollf.

  • TITRE : Pas un jour sans Bach - Quinze conversations sur un compositeur de génie
  • AUTEUR : Rinke van der Valle
  • ÉDITEUR : Uitgeverij Damon, Eindhoven 2022
  • CARACTÉRISTIQUES : 243 p., broché, illustré.
Partager cet article
FR