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Classique Central

Music Chapel Festival 2025 – Miguel da Silva : la musique comme souffle vital

Miguel da Silva habite la musique comme un oiseau qui trouve son élément, comme l'eau qui se fraye un chemin dans le paysage. Il l'inspire, la laisse glisser entre ses doigts, et la voit se refléter dans chaque silence, dans chaque respiration du moment.

Chaque exécution est une conversation : un murmure entre lui, les notes et l'auditeur ; un voyage qui se déploie en tonalités, en souffle, en l'indicible que seule la musique peut capturer. Son approche combine la virtuosité technique, l'acuité intellectuelle et la profondeur émotionnelle, transformant chaque exécution en dialogue entre musicien, musique et public. Son jeu est un tissu de technique, d'intellect et de passion. Il fait parler l'alto comme s'il était une extension de l'âme, une voix qui sonne à la fois ancienne et nouvelle. Et à côté de cette virtuosité se tient le pédagogue, le mentor qui transmet l'étincelle de l'expérience, qui invite les jeunes générations à découvrir leur propre univers. Cette dimension pédagogique est une constante dans sa carrière, où il partage son expérience et sa vision artistique avec les générations futures. C'est sur ces thèmes qu'il s'est entretenu avec Klassiek Centraal à l'occasion de sa représentation samedi 6 décembre dans le cadre du Festival de la Chapelle Musicale à Flagey.

L'éclosion silencieuse

La formation d'un artiste est souvent une révolution silencieuse. Pour da Silva, celle-ci a commencé après son adolescence, quand il a remarqué que beaucoup de ses amis vivaient « avec une imagination assez limitée ». Pour lui, la musique offrait une échappatoire, un univers personnel, un refuge. Il parle avec une douce certitude : « C'était mon propre monde. J'étais un garçon assez introverti et timide, et la musique m'a offert une bouée de sauvetage. » Aujourd'hui, ce cœur de son identité reste le même : la musique comme un monde personnel, et en même temps un pont vers les autres. Ce monde persiste, un espace où le son et l'émotion se fondent, où chaque note ouvre une fenêtre vers l'autre. La musique était là, inévitable et fidèle, dans la perte et le chagrin, dans les moments de doute : « La musique a toujours été là pour offrir un horizon d'espoir. » À la perte de ses parents ou de ses proches, face aux turbulences émotionnelles, la musique lui a constamment offert réconfort et soutien.

Valeurs et interprétation

Les interprétations de da Silva sont un écho de fidélité et de liberté. Il croit qu'une exécution réussie peut changer la vie de l'auditeur, qu'une note peut être bien plus qu'un son, qu'un silence peut en dire plus que les mots. « En ce qui concerne mon interprétation, mes valeurs sont restées les mêmes : rester aussi proche que possible de la pensée du compositeur, » dit-il, comme s'il s'agissait d'un mantra, une ligne directrice pour le cœur de chaque son. Son enfance, sa famille et son environnement culturel ont façonné son identité musicale, mais il reconnaît aussi que la liberté personnelle émerge souvent « en contraste avec son environnement » et dans l'espace qu'offrent les possibilités culturelles.

La liberté et la tradition se rencontrent chez lui dans une danse délicate. Comme un « transfuge de sa classe » — quelqu'un qui a grandi au-delà de son environnement social — il est sorti des limites de l'espace familier pour trouver sa propre voix dans l'espace de renouvellement culturel des années 1970, une voix qui porte la tradition et qui en même temps s'étend au-delà de l'horizon. Il trouve la liberté personnelle dans « l'espace entre les notes et la puissance du son évocateur. » Là, dans le vide, émerge le sens ; là respire la musique. Il voit la tradition comme un fondement, mais la liberté et l'expression naissent dans l'espace entre les notes et dans le son évocateur.

Réconfort et horizon

La musique est une bouée de sauvetage, un horizon qui s'étend au-delà du chagrin et du doute. Chaque mélodie porte du réconfort, chaque cadence une promesse de lumière. Dans ces moments, l'alto devient pour lui bien plus qu'un instrument : elle devient une compagne, un guide, un témoin silencieux de l'existence humaine. Pourtant, cette lyrique reste toujours enracinée dans une histoire humaine concrète : la musique comme compagne de confiance, non comme idéal abstrait.

Défis et répertoire

Son expérience avec le Quatuor Ysaÿe l'a confronté à Beethoven, une « Everest musicale » qui doit être gravie à nouveau chaque fois, chaque exécution ouvrant de nouveaux chemins et révélant de nouveaux sommets. Pour le festival à venir, il joue avec ses étudiants Mozart et Schoenberg, deux mondes qui se rencontrent dans le son et l'émotion. Il explique : « Dans le K. 516 de Mozart, un quintette avec deux altos, vous entendez tout le dramatisme de ses opéras. La Nuit transfigurée de Schoenberg offre alors un épilogue sublime du répertoire romantique allemand, une conclusion parfaite avant son passage au système sériel. L'alto se tient dans cette œuvre au carrefour du thème, de l'harmonie et du dialogue, suggérant toutes les situations musicales possibles. »

La musique comme souffle, comme vérité

Pour Miguel da Silva, la musique est bien plus que la virtuosité ; elle est souffle, humanité, l'invisible qui se fait entendre. Son approche unit la pensée, le sentiment et la concentration en un seul souffle, un seul son. En tant qu'interprète et pédagogue, il incarne une attention rare : pour l'homme derrière la note, pour le silence où émerge le sens. Il montre que la musique implique l'écoute, la réflexion et l'humanité, et qu'une exécution réussie peut changer la vie des auditeurs.

Dans son jeu et son enseignement, il cherche l'essence de la communication : où le son n'est pas une forme, mais une vérité. Cette quête forme le fil conducteur de son art. Et dans cette vérité, dans ce souffle de musique, tant lui que ses auditeurs trouvent un monde qui est le leur et celui de tous, un monde qui respire, qui résonne et ne cesse jamais d'exister.

Samedi 6 décembre, 18h30 dans le « Quintette à cordes KV516 » de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) avec le Quatuor Goldberg et dans « Nuit transfigurée » d'Arnold Schoenberg (1874-1951).
À voir aussi https://klassiek-centraal.be/music-chapel-festival-2025-de-vier-elementen-in-klank-en-geest/

Détails :

Titre :

  • Music Chapel Festival 2025 - Miguel da Silva : la musique comme souffle de vie

Qui :

  • Miguel da Silva

Crédits photos :

  • ©QEMC-©MF

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